‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 100 sur 224 · ACTE III, SCÈ2SE I. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈ2SE I. i

Que j*ai dit mon avis dans le conseil suprême , Qui , confus des noiroeuFs de sou lâche attentat , A cru devoir sa tête au repos de Tétat.

ELISABETH

Ainsi sa perfidie a paru manifeste ?

CÉCILE

Le coup pour vous , madame , alloit être funeste : Du comte de Tyron, de Tlrlandois suivi, Il en vouloit au trône , et vous Tauroit ravi.

ELISABETH

Ah ! je Vai trop connu , lorsque la populace Seconda contre moi son insolente audace :

A m*ôter la couronne il croyoit l'engager.

Quelle excuse a ce crime ? et par où s'en purger ? Qu'a-t-il répondu ?

CÉCILE

Lui ? qu^il u'avoit rien à dire , Que , pour toute défense , il nous devoit suffire De voir ses grands exploiU pour lui s^iutéresser. Et que sur ces témoins on pouvoil prononcer.

ELISABETH

Qued'orgueil ! Quoi ! tout prêt à voir lancer la foudre , Au moindre repentir il ne peut se résoudre ?

Soumis à ma vengeance, il brave mon pouvoir ? Il oise...

lO

i46 LE COMTE D'ESSEX.

CÉCILE

Sa fierté oe se peut concevoir :

On eût dit, à le voir plein de sa propre estimt;. Que ses juges étoieat coupables de son crime , Et qu'ils craignoient de lui , dans ce pas hasardeux. Ce qu'il avoit Torgueil de ne pas craindre d'eux.

ÉT.IBA.BKTH.

Cepeudant il faudra que cet orgueil s'abaisse : Il voit , il voit l'état où son crime le laisse; Le plus ferme s'ébranle après l'aiTét donné.

GÉC1I.E.

Uu coup si rigoureux ne la point étonné.

Comme alors ou conserve une inutile audace , J'ai voulu le réduire à vous demander graœ.

Que ne m'a-t-il point dit? J'en roug^is, et me tai»,

ÉL1SA.BETH

Ah ! quoiqu'il la demande , il ne l'aura jamaij». De moi tantôt, sans peine , il l'auroit obtenue : J'étois eneor pour lui de bonté prévenue ; Je voyois à regret qu'il voulût me Ibrcer A souhaiter l'arrêt qu'on vient de prononcer; Mou bras , lent à punir , suspeudoit la tempête : Il me pousse à l'éclat , ii pai«*a de sa tête; Donnez^bien ordre à tout. Pour empêcher sa mort . Le peuple qui la craint peut faire quelque effort ;

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