‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 120 sur 224 · ACTE IV, SCÈNE HI. 17X · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE HI. 17X

Ud autre dont Tamour, moins tendre, moins fidèle.^ Mais elle doit savoir mon malheur : qu^en dit^elle ? Me flatté-je en croyant qu'un reste d'amitié Lui fera de mou sort prendre quelque pitié?

Privé de sou amour pour moi si plein de charmes. Je viMidrois bien du moins avoir part à ses larmes. Cette austère vertu qui soutient son devoir Semble à mes tristes vœux en défendre Tespoir: Cependant, contre moi quoi qu'elle ose entreprendre. Je les paie assez cher pour y pouvoir prétendre; Et Ton peut , sans se faire un trop honteux effort. Pleurer un malheureux dont on cause la mort.

SALSBURT.

Quoi ! ce parfait amour, cette pure tendresse Qui vous fit si long- temps vivre pour la duchesse. Quand vous pouvez prévoir ce qu'elle en doitsoufirir, Ne vous arrache point ce dessein de mourir !

Pour vous avoir aimé, voyez ce que lui coûte Le cruel sacrifice...

LE COMTB d'bSSBX.

Elle m'aima, sans doute; Et sans li| reine , hélas ! j'ai lieu de présumer Qu'elle eût fait à jamais son bonheur de m'aimer. Tout ce qu'un bel objet d*un cœur vraiment fidèle Peut attendre d'amour, je le sentis pour elle;

17a LK COMTE P'ESSEX.

Et peut*étre mes soins, ma constance, ma foi, Méritoient les soupirs qu'elle a perdus pour moi. Nulle félicité n*eût égalé la nôtre :

Le ciel y met obstacle, elle vit pour un autre ; Un autre a tout le bien que je dus acquérir ; L'hymen le rend heureux ; c'est à moi de mourir»

SALSBURT.

Ah ! si , pour satisfaire à cette injuste envie, Il vous doit être doux d'abandonner la vie, Perdez-la : mais au moins que ce soit en héros ; Allez de votre sang faire rougir les flots, Allez dans les combats où l'honneur vous appelle; Cherchez, suivez la gloire, et périssez pour elle. C'est là qu'à vos pareils il est beau d'afironter Ce qu'ailleurs le plus ferme a lieu de redouter.

LE COMTE d'eSSEX.

Quand contre un monde entier armé pour ma défaite JMrois seul défier la mort que je souhaite, Yers elle j'aurois beau m'avancer sans efiroi. Je suis si malheureux qu'elle fuiroit de moi. Puisqu'ici sûrement elle m'offre son aide.

Pourquoi de mes malheurs différer le remède ? Pourquoi , lâche et timide, arrêtant le courroux...

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