ACTE V, SCÈNE VIIL
Jamais effet si pnimpt ne suivit la menace.
N*ayant pu le résoudre à vous demander grâce, J'assemblois ses amis pour venir à vos piUs Vous montrer par sa mort dans quels maux vous
tombiez, Quand mille cris confus nous sont un sûr indice Du dessein qu'on a pris de héter son supplice. Je dépêche aussitôt vers vous de tous côtés.
ELISABETH
Ah ! le lâche Coban les a tous arrêtés. Je vob la trahison.
SÂLSBURY.
Pour moi , sans me connoitre, Tout plein de ma douleur, n*en étant plus le maître. J'avance, et cours vers lui d'un pas précipité. Au pied de Téchafaud je le trouve arrêté.
Il me voit, il m*embrasse; et, sans que rien Tétonne, « Quoiqu'à tort, me dit-il , la reine me soupçonne , « Voyez-la de ma part, et lui faites savoir « Que rien n'ayant jamais ébranlé mou devoir, « Si contre ses bontés j'ai fait voir quelque audace, « Ce n'est point par fierté que j'ai refusé grâce. •< Las de vivre, accablé d«is plus mortels ennuis , » En courant à la mort ce sont eux que je fuis ; •* Et s'il m'en peut rester, quand je laurai soufferle,
« G*est de voir que, déjà triompliaiit de ma perte,. « Mes lâches eoneonis lui feront éprouver... >» On ne lui donne pas le loisir d'achever:
On veut kur Téchafaud qu'il paroisse. Il y monte ; Comme il se dit sans crime^ il y paroît sans honte; Et, saluant le peuple, il le voit tout en pleurs Plus vivement que lui ressentir ses malheurs. . Je tâche cependant d'obtenir qu'on diffère, Tant que vous ayez su ce que l'on ose faire.
Je pousse mille cris pour me faire écouter; Mes cris hâtent le coup que je pense arrêter. Il se met a genoux ; déjà le fer s^apprête ; D'un visage intrépide il présente sa tète, Qui du tronc séparée...
ELISABETH
Ah ! ne dites plus rien :
Je le sens, son trépas sera suivi du mien.
Fière de tant d'honneurs; c'est par lui que je règne ; C'est par lui qu'il n*est rien où ma grandeur n'atteigue; Par lui, par sa valeur, ou tremblants, ou défuits. Les plus grands potentats m'ont demandé la paix : Et j'ai pu me résoudre... Ah l remords inutile ! Il meurt , et par toi seule, ô reine trop facile ! Après que tu dois tout à ses fameux exploits. De son sang pour l'état répandu tant de fois