‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 143 sur 224 · ACTE I, SCENE II. aiî · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II. aiî

OOV JUAN.

De te dire en deux mots qu'une flamme nouvelle Ici , sans t'en parler, m*a fait suivre une belle.

8GAHARBI.I.K.

Et n*y craignez-vous rien pour ce commandeur mort .'

DOH JUAN.

Je Tai si bien tué ! chacun le sait.

SGA.NA.RELLE..

D'accord , On ne peut rien de mieux ; et , s'il osoit s'en plaindre , Il auroil tort : mais...

DON JUAN

Quoi?

SOAN ARBLLE.

Ses parents sont à craindre.

DON JUAN

Laissons là tes frayeurs, et songeons seulement

A ce qui me peut faire un destin tout charmant.

Celle qui me réduit à soupirer pour elle

Est une fiancée aimable, jeune, belle,

Et conduite en ces lieux, où j'ai suivi ses pas,

Par l'heureux à qui sont destinés tant d'appas.

Je la vis par hasard, et j'eus cet avantage

Dans le temps qu'ils songeoient à (aire leur voyage.

Il faut te Tavouer; jamais jusqu*à ce jour Je n*ai vu deux amauts se montrer tant d*amoiir. De leurs cœurs trop unis la tendresse visible.. Me frappant tout-à-coup, rendit le mien sensible ; Et, les voyant céder aux transports les plus doux, Si je devins amant, je fus amant jaloux.

Oui , je ne pus souffrir sans un dépit extrême Qu'ils s'aimassent autant que l'un et l'autre s'aime. Ce bizarre chagriii alluma mes désirs :

Je me fis un plaisir de troubler leurs plaisirs, De rompre adroitement Tétroite intellig;ence Dont mon cœur délicat se faisoit une offense. l>rayant pu réussir, plus amoureux toujours.

C'est au dernier remède, enfin, que j'ai recours: (]et époux prétendu, dont le bonheur me blesse, Doit aujourd'hui sur mer régaler sa maîtresse ; Sans t'en avoir rien dit, j'ai dans mes intérêts Quelques gens qu'au besoin nous trouverons tout

prêts ; Us auront une barque où la belle enlevée Rendra de mon amour la victoire achevée.

SGA NAREIiLB. \

Ah ! monsieur.

DON juah.

Hé?

Page 1