ACTE I, SCENE II. aiî
OOV JUAN.
De te dire en deux mots qu'une flamme nouvelle Ici , sans t'en parler, m*a fait suivre une belle.
8GAHARBI.I.K.
Et n*y craignez-vous rien pour ce commandeur mort .'
DOH JUAN.
Je Tai si bien tué ! chacun le sait.
SGA.NA.RELLE..
D'accord , On ne peut rien de mieux ; et , s'il osoit s'en plaindre , Il auroil tort : mais...
DON JUAN
Quoi?
SOAN ARBLLE.
Ses parents sont à craindre.
DON JUAN
Laissons là tes frayeurs, et songeons seulement
A ce qui me peut faire un destin tout charmant.
Celle qui me réduit à soupirer pour elle
Est une fiancée aimable, jeune, belle,
Et conduite en ces lieux, où j'ai suivi ses pas,
Par l'heureux à qui sont destinés tant d'appas.
Je la vis par hasard, et j'eus cet avantage
Dans le temps qu'ils songeoient à (aire leur voyage.
Il faut te Tavouer; jamais jusqu*à ce jour Je n*ai vu deux amauts se montrer tant d*amoiir. De leurs cœurs trop unis la tendresse visible.. Me frappant tout-à-coup, rendit le mien sensible ; Et, les voyant céder aux transports les plus doux, Si je devins amant, je fus amant jaloux.
Oui , je ne pus souffrir sans un dépit extrême Qu'ils s'aimassent autant que l'un et l'autre s'aime. Ce bizarre chagriii alluma mes désirs :
Je me fis un plaisir de troubler leurs plaisirs, De rompre adroitement Tétroite intellig;ence Dont mon cœur délicat se faisoit une offense. l>rayant pu réussir, plus amoureux toujours.
C'est au dernier remède, enfin, que j'ai recours: (]et époux prétendu, dont le bonheur me blesse, Doit aujourd'hui sur mer régaler sa maîtresse ; Sans t'en avoir rien dit, j'ai dans mes intérêts Quelques gens qu'au besoin nous trouverons tout
prêts ; Us auront une barque où la belle enlevée Rendra de mon amour la victoire achevée.
SGA NAREIiLB. \
Ah ! monsieur.
DON juah.
Hé?