ACTE I, SCÈNE III. lai
Montre assez qu'en effet vous êtes populaire. Mais dans quelque haut rang que vous soyez placé, Souvent le plus heureux s'y trouve renversé : Ce poste a ses périls.
LB COMTE d'bSSEX.
Je Tavouerai sans feindre , Comme il est élevé, tout m*y panût à craindre : Mais, quoique dangereux pour qui fait un faux pas, Peut-être encor sitôt je ne tomberai pas; Et j'aurai tout loisir, après de longs outrages, D'apprendre qui je suis à des flatteurs à gages, Qui , me voyant du crime ennemi trop constant, Ne peuvent s'élever qu'en me précipitant.
CBCII.X.
Sur un avis donné...
LE COMTE d'eSSEX.
L'avis m'est favorable :
Mais comme Tamitié vous rend si charitable.
Depuis quand et sur quoi vous croyez-vous permis De penser que le temps ait pu nous rendre amis ? Est-ce que l'on m'a vu , par d'indignes foiblesses. Aimer les lâchetés, appuyer des bassesses.
Et prendre le parti de ces hommes sans foi Qui de l'art de trahir font leur unique emploi ?
cÉci]:.E.
Je souffre par raison un discours qui m*outrage ; Mais, réduit à céder, au moins j*ai Tavantage Que la reine, craignant les plus grands attentats, Vous traite de coupable, et ne m^accuse pas.
Je sais que contre moi vous animez la reine:
Peut-être à la séduire aurez-vous quelque peine; Et, quand j*aurai parlé, tel qui noircit ma foi Pour obtenir sa grâce aura besoin de moi.
CÉCILE, seul.
Agissons, il est temps; c^est trop £ûre Tesdaveé Perdons un orgueilleux dont le mépris nous brave; Et ne balançons plus, puisqu*il faut éclater, A prévenir le coup qull cbercbe à nous porter.