‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 82 sur 224 · ACTE I, SCÈNE III. lai · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. lai

Montre assez qu'en effet vous êtes populaire. Mais dans quelque haut rang que vous soyez placé, Souvent le plus heureux s'y trouve renversé : Ce poste a ses périls.

LB COMTE d'bSSEX.

Je Tavouerai sans feindre , Comme il est élevé, tout m*y panût à craindre : Mais, quoique dangereux pour qui fait un faux pas, Peut-être encor sitôt je ne tomberai pas; Et j'aurai tout loisir, après de longs outrages, D'apprendre qui je suis à des flatteurs à gages, Qui , me voyant du crime ennemi trop constant, Ne peuvent s'élever qu'en me précipitant.

CBCII.X.

Sur un avis donné...

LE COMTE d'eSSEX.

L'avis m'est favorable :

Mais comme Tamitié vous rend si charitable.

Depuis quand et sur quoi vous croyez-vous permis De penser que le temps ait pu nous rendre amis ? Est-ce que l'on m'a vu , par d'indignes foiblesses. Aimer les lâchetés, appuyer des bassesses.

Et prendre le parti de ces hommes sans foi Qui de l'art de trahir font leur unique emploi ?

cÉci]:.E.

Je souffre par raison un discours qui m*outrage ; Mais, réduit à céder, au moins j*ai Tavantage Que la reine, craignant les plus grands attentats, Vous traite de coupable, et ne m^accuse pas.

Je sais que contre moi vous animez la reine:

Peut-être à la séduire aurez-vous quelque peine; Et, quand j*aurai parlé, tel qui noircit ma foi Pour obtenir sa grâce aura besoin de moi.

CÉCILE, seul.

Agissons, il est temps; c^est trop £ûre Tesdaveé Perdons un orgueilleux dont le mépris nous brave; Et ne balançons plus, puisqu*il faut éclater, A prévenir le coup qull cbercbe à nous porter.

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