‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 84 sur 224 · ACTE II, SCÈNE I. laS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. laS

TILKET.

Mais je veux qu a vous seule il cherche enfin à plaire ; De cette passion que faut-il qu'il espère ?

ELISABETH

Ce qu'il faut qu*il espère? Et qu'en puis-je espérer, Que la douceur de voir, d'aimer, de soupirer? Triste et bizarre orgueil qui m'ôfe à ce que j'aime ! MoD bonheur, liiori repos s'immole au rang suprême; Et je mourrois cent fois plutôt que faire un roi Qui, dans le trdne assis, fôt au-dessous de moi. Je sais que c'est beaucoup que voidoir que son ame Brûle à jamais pour moi d'une inutile flamme. Qu'aimer sans espérance est un cruel ennui :

Mais la part que j'y prends doit l'adoucir pour lui ; Et lorsque par mon rang je suis tyrannisée , Qu'il le sait, qu'il le voit, la souffrance est aisée. Qu'il me plaigne, se plaigne, et, content de m'aimer... Mais que disge? D'une autre il s'est laissé charmer ; Et tant d'aveuglement suit l'ardeur qui l'entraîne, Que pour la satisfaire il veut perdre sa reine. Qu'il craigne cependant de me trop irriter; Je contrains ma colère à ne pas éclater :

Mais quelquefois l'amour qu'un long mépris outrage , Las enfin de souffrir, se convertit eu rage; Et je ne réponds pas...

ia6 LE COMTE D'ESSEX.

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