‹ Chefs-d'œuvreChapitre 3 sur 74 · PICARD · texte numérisé non relu

PICARD

Huit jours, c'est bien long,

MADAME DE CHEPY

En effet, c'est fort pressé de faire un gueux de plus, comme si l'on en manquait !

DIDEROT

PICARD, à part. \

Si l'on nous ôte la douceur de caresser nos femmes, qu'est-ce qui nous consolera de la dureté de nos maîtres ?

MADAME DE CHEPY

Et VOUS, Flamand, retenez bien ce que je vais vous dire... Mademoiselle, la Saint-Jean n'est-elle pas dans trois jours ?

MADEMOISELLE BEAULILJ

Non, madame, c'est après-demain.

MADAME DE CHEPY

Miséricorde ! je n'ai pas un moment à perdre... Si d'ici à deux jours (le terme est court) je découvre que vous ayez mis le pied au cabaret, je vous chasse. Il faut que je vous aie tous sous ma main et que je ne vous trouve pas hors d'état de faire un pas et de prononcer un mot. Songez qu'il n'en serait pas cette fois comme de vendredi dernier. L'opéra fini, nous quittons la loge avant le ballet ; nous descendons. Mme de Malves et moi, nous voilà sous le vestibule ; on appelle, on crie, personne ne vient ; l'un est je ne sais où, l'autre est mort ivre ; point de voitures : et sans le marquis de Tourvelle qui se trouva là par hasard et qui nous prit en pitié, je ne sais ce que nous serions devenues.

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