SCÈNE XIV
MONSIEUR HARDOUIN, MADAME DE VERTILLAC, xMADE- MOISELLE DE VERTILLAC, MADAME DE CHEPY, MON- SIEUR DE GRANCEY
MADAME DE CHEPY
Allons, mon amie, il faut absolvmaent terminer le supplice de ces deux charmants enfants-là. N'avez-vous point de remords de l'avoir fait durer si longtemps ?
MADAME DE VERTILLAC
Le supplice ! J'en suis désolée.
Dieu soit loué ! le bon sens vous est donc revenu ? {a m. Har douin.) Et VOUS, monsieur Hardouin, au lieu de vous promener en long et en large comme vous faites, approchez, et joignez votre joie à la nôti-e. {M. de Ciancey et mademoiselle de Vertlllac se jetant aux genoux de madame de Vertillac.)
MONSIEUR DE CRANCEY
Ah ! madame !
MADEMOISELLE DE VERTILLAC Ah ! maman, ma très bonne maman ! (Madame de Vertillac les regarde tous deux sérieusement satis mot dire.)
MADAME DE CMEPY, à madame de Vertillac. Est-ce qu'il faut corrompre un si beau moment par de l'humeur?
MADAME DE VERTILLAC
Je n'y tiens plus.
MONSIEUR HARDOUIN, à madame de Vertillac. Vous m'avez donné votre parole d'honneur, (M. de Crancey «mbrasse M. Hardouin.)
I^LADAME DE VERTILLAC jette ses bras autour du cou de madame de Chepy et lui dit :
Ah ! mon amie, les enfants ! les enfants ! Je meurs de douleur.
AL\DAME DE CHEPY
Mais c'est un délire.
MADAME DE VERTILLAC
A ma place, vous en étoufferiez de rage.
MADAME DE CHEPY
A votre place, je serais la plus heureuse des mères.
MADEMOISELLE DE VERTILLAC
Ma mère, j'aime tendrement M, de Crancey, je l'obtiendrai pour époux, ou je jure devant Dieu et devant vous de n'en avoir point d'autre.
MADAME DE VERTILLAC
Et vous ferez bien.
MADEMOISELLE DE VERTILLAC
Mais je préférerai toujours votre bonheur au mien. Si vous vous repentez de votre consentement, retirez-le, il n'y a rien de fait.