‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatique (volume 2)Chapitre 11 sur 201 · LAONICE, TIMAGÈNE · texte numérisé non relu

LAONICE, TIMAGÈNE

LAOXICE.

Peul-on plus dignement mériter la couronne?

TIMAGÈXE.

Je ne suis point surpris de ce qui vous étonne ; Confident de tous deux, prévoyant leur douleur, J'ai prévu leur constance, et j\ai plaint leur malheui Mais, de griice, achevez l'histoire commencée \

LAOMCE.

Pour la reprendre donc où nous l'avons laissée , Les Parthes , au combat par les nôtres forcés , Tantôt presque vainqueurs, tantôt presque enfoncés, Sur l'une et l'autre armée également heureuse , Virent long-temps voler la victoire douteuse : Mais la fortune enfin se tourna contre nous, Si bien qu'Antiochus , percé de mille coups , Près de tomber aux mains d'une troupe ennemie. Lui voulut dérober les restes de sa vie , Et, préférant aux fers la gloire de périr, Lui-mème par^ niaiiLacheva de mourir.

La reine ayant appris cette triste nouvelle , En reçut tôt après une autre plus cruelle : Que Nicanor vivait; que , sur un fau^ rapport , De ce premier époux elle avait cru la mort; Que , pi^é Jusqu'au vif conTre^onTiyménée .

Vau. U;h> . lie sràce . acliovons l'Iiistoirc coinmencéc.

ACTK 1, SCENK IV. 21

8oji ;\mc ;ï li miter s'était déterminée ;

Et que , pour s'affranchir des fers de son vainquciu",

11 allait épouser la princesse sa sœur.

C'est cette Jjpcîogunc , 6i!i llin et l'autre frère

Trouve encor les appas qu'avait trouvés leur père '.

La reine envoie en vain pour se justifier; On a beau la défendre , on a beau le prier. On ne rencontre en lui qu'un juge inexorable; Et son amour nouveau la veut croire coupable- : Son erreur est un^crime ; et, pour l'en punir mieux, 11 veut même épouser Rodog une à ses yeux, Arraclier de son front le sacré diadème Pour ceindre une autre tête en sa présence même ; Soit qu'ainsi sa vengeance eût plus d'indignité , Soit qu'ainsi cet hymen eût plus d'autorité. Et qu'il assurât mieux par cette jjarbarie AiLX enfants qui naîtraient le trône de Syrie.

Mais tandis qu'animé de colère et d'amour Il vient déshériter ses fds par son retour, Et qu'un gros escadron de Parthes pleins de joie Conduit ses deux amants, et court comme à la proie, La reine, au désespoir de n'en rien obtenir, Se résout de se perdre ou de le prévenir. Elle oublie un mari qui yeiitj;esser de l'être , Qui ne veut plus la voir qu'en implacable maître ^ ; Et, changeant à regret son amour en horreur. Elle abandonne tout à sa juste fureur.

Elle-même leur dresse une embûche au passage, Se mêle dans les coups, porte partout sa rage, En pousse jusqu'au bout les furieux effets. Que vous dirai-je enfin? ks Parthes sont défaits;

\ \H. Trouve cncor les nppas i|u'avait trouve k père. \Mi. El son nouvel amour la veut croire coupable.

\'au Oui Mi i,i vial plus voir 'lueii in^dacable mai lie.

22 RODOGUINE.

Le roi Dieiirt, et,^dil-on*.mr la ijiajn de^j'eine; 'Ro3[ogunej3apt4ve,jti^]ixrée à sa haine, " tous le~s maiu: qu'un esclave endure dans les fers Alore sans moi , mon frère , elle les eût soufferts. La reine, à la gêner prenant mille délices. Ne commettait qu'à moi l'ordre de ses supplices ; Mais, quoi que m'ordonnât cette âme toute en feu, Je promettais beaucoup, et j'exécutais peu. Le Parthe cependant en jure la vengeance ; Sur nous à main armée il fond en diligence. Nous surprend, nous assiège, et fait un tel effort. Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord. 11 veut fermer l'oreille , enflé de l'avantage ; Mais voyant parmi nous Rodogune en otage , Enfin il craint pour elle et nous daigne écouter ; Et c'est ce qu'aujourd'hui l'on doit exécuter.

La reine de rÉgypte a rappelé nos princes , Pour remettre^ F aine son trône et s^ provinces. Rodogune a j^aru , jortanlde^a prison , Comme un soleil levant dessus notre horizon. Le Parthe a décampé, pressé par d'autres guerres Contre l'Arménien qui ravage ses terres* ; D'un ennemi cruel il s'est fait notre appui; La paix finit la haine, et, pour comble aujourd'hui, Dois-je dire de bonne ou mauvaise fortune? Nos deux princes tous deux adorent Rodogune,

~ " TIM AGÈXE . "

Sitôt qu'ils ont paru tous deux en cette cour-.

Ils ont vu Rodogune , et j'ai vu leur amour ;

Mais comme étant rivaux nous les trouvons à plaindre ,

Connaissant leur verhjjeji^en voisj;ien à^^ra^^

' Yak. (Contre rAriiiéiiicn i|ui court dessus ses loires-

-'•VA!i, ll'uljciril 'III iH "lil liiin l'ill- .1. liV Cil i.cUC (IMU .

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