ACTE IV, SCKM: 11. 32:î
Vous trouvfz iiiM Imyciii' cl lio^) |»r<iiii|)lt' ri In.j» [ilrinc! L'hyineii où je ni';i[)pn*'te est pour vous une gène! Vous m'en parlez enfin comme si vous m'aimiez.
SERTORIUS
Souffrez, après ce mot, que je meure à vos pieds, .l'y veux bien immoler tout mon bonheur au vôtre : Mais je ne puis vous voir entre les bras d'un autre ; Et c'est assez vous dire à quelle extrémité Me réduit mon amour que j'ai mal écouté.
Bien qu'un si digne objet le rendit excusajjje. J'ai cru honteux d'aimer quand on n'est plus aimable ; J'ai voulu m'en défendre à voir mes cheveux gris , Et me suis répondu longtemps de vos mépris. Mais j'ai vu dans votre âme ensuite une autre idée. Sur qui mon espérance aussitôt s'est fondée ; Et je me suis promis bien plus qu'à tous vos rois , Quand j'ai vu que l'anwur n'en feroit point le choix. J'allais me déclarer sans l'offre d'Aristie : Non que ma passion s'en voit vue alentie; Mais je n'ai point douté qu'il ne fût d'un grand cœur De tout sacrifier pour le commun bonheur. L'amour de Perpenna s'est joint à ces pensées; Vous avez vu le reste, et mes raisons forcées. Je m'étais figuré que de tels déplaisirs Pourraient ne me coûter que deux ou trois soupirs ; Et pour m'en consoler, j'envisageais Pestime Et d'ami généreux et de chef magnanime : Mais, près d'un coup fatal , je sens par mes ennuis ' Que je me promettais bien plus que je ne puis. Je me rends donc, madame; ordonnez de ma vie : Encor tout de nouveau je vous la sacrifie. Aimez- vous Perpenna?
' Yak. Mais, près du cou|) fatal , je sens par mes ennuis
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VIRIATE
Je sais vous obéir.
Mais je ne sais que c'est d'aimer ni de haïr; Et la part que tantôt vous aviez dans mon âme Fut un don de ma gloire , et non pas de ma flamme. Je n'en ai point pour lui , je n'en eus point pour vous; Je ne veux point d'amant, mais je veux un époux; Mais je veux un héros, qui par son hyménée Sache élever si haut le trône où je suis née, Qu'il puisse de l'Espagne être l'heureux soutien, Et laisser de vrais rois de mon sang et du sien.
Je le trouvais en vous , n'eût été la bassesse Qui pour ce cher rival contre moi s'intéresse , Et dont, quand je vous mets au-dessus de cent rois , Une répudiée a mérité le choix.
Je l'oublierai pourtant, et veux vous faire grâce. M'aimez-vous?
SERTORIUS
Oserai-je en prendre encor l'audace?
VIRIATE
Prenez-la, j'y consens, seigneur; et dès demain, Au lieu de Perpenna , donnez-moi votre main .
Que se tiendrait heureux un amour moins sincère
Qui nVurait autre but que de se satisfaire ,
Et qui se remplirait de sa félicité
Sans prendre aucun souci de votre dignité !
Mais quand vous oubliez ce que j'ai pu vous dire,
Puis-je oublier les soins d'agrandir votre empire ;
Que votre grand projet est celui de régner?
VIRIATE
Seigneui», vous faire grâce, est-ce m'en éloigner ?
SERTORIUS
Ah! madame, est-il temps que cette grâce éclate?