ACTE IV, SCÈNE H
Nos Espagnols, formés à votre art militaire. Achèveront sans eux ce qui nous reste à faire.
La perte de Sylla n'est pas ce que je veux; Home attire encor moins la fierté de mes vœux : L'hymen où je prétends ne peut trouver d'amorces Au milieu d'une ville où régnent les divorces; Et du haut de mon trône on ne voit point d'attraits Où l'on n'est roi qu'un an, pour n'être rien après. Enfin, pour achever, j'ai fait pour vous plus qu'elle : Elle vous a banni, j'ai pris votre querelle ; Je conserve des jours qu'elle veut vous ravir. Prenez le diadème, et laissez-la servir. Il est beau de tenter des choses inouïes , Dût-on voir par l'effet ses volontés trahies. Pour moi, d'un grand Romain je veux faire un grand roi ; Vous, s'il y faut périr, périssez avec moi : C'est gloire de se perdre en servant ce qu'on aime.
Mais porter dès l'abord les choses à l'extrême. Madame, et sans besoin faire des mécontents! Soyons heureux plus tard pour l'être plus longtemps. Une victoire ou deux jointes à quelque adresse...
VIRIATE
Vous savez que l'amour n'est pas ce qui me presse , Seigneur. Mais, après tout, il faut le confesser. Tant de précaution commence à me lasser. Je suis reine ; et qui sait porter une couronne. Quand il a prononcé, n'aime point qu'on raisonne. Je vais penser à moi, vous penserez à vous.
SERTORIUS
Ah! si vous écoutez cet injuste courroux...
VIRIATE
Je n'en ai point, seigneur; mais mon inquii-tud» \c veut plus dans mon sort aucune incertitude ;
338 SERTORILIS.
Vous nie direz demain où je dois rairèter.
Cependant je vous laisse avec qui consulter.