‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatique (volume 2)Chapitre 26 sur 201 · ACTE III, SCr-lNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCr-lNE III

D'amour et de fureur encore étincelante ,

Telle que je la vis, quand tout percé de coups

Il me cria : «Vengeance! Adieu; je meurs pour vous! »

Chère ombre, hélas! bien loin de l'avoir poursuivie,

J'allais baiser la main qui t'arracha la vie , ,71'

Rendre un respect de fille à qui versa ton sang? ^^^'^-'î^^^

Mais pardonne au devoir que m'impose mon rang :

Plus la haute naissance approche des couronnes , cLznj-crt^ ' ''

Plus cette grandeur même asservit nos personnes ;

Nous n'avons point de cœur pour aimer ni haïr;

Toutes nos passions ne savent qirobéirA

Après avoir armé pour venger cet outrage ,

D'une paix mal conçue on m'a faite le gage ;

Et moi , fermant les yeux sur ce noir attentat ,

Je suivais mon destin en victime d'État :

Mais aujourd'hui qu'on voit cette main parricide' , ^„ •—

Des restes de ta vie insolemment avide,- ' %{^^^ v

Vouloir encor percer ce sein infortuné

Pour y chercher le cœur que tu m'avais donné ,

De la paix qu'elle rompt je ne suis plus le gage ;

Je brise avec honneur mon illustre esclavage j , , /

J'ose reprendre un cœur pour aimer et haïr, — "'^ ^-f^^ - '^s^^

Et ce n'est plus qu'à toi que je veux obéir.

Le consentiras-tu cet effort sur ma flamme , Toi , son vivant portrait, que j'adore dans l'âme , Cher prince, dont je n'ose en mes plus doux souhaits ^ù- ^z^^,^ Fier encor le nom aux murs de ce palais^? ^ ^w^ ^>7- '

Je sais quelles seront tes douleurs et tes craintes ; ^^""^H 7^

Et, d'un honteux oubli rompant l'injuste loi. Rendez ce que je dois aux mânes dun grand roi.

D'amour et de fureur encore étincelante. ' Var. Aujourd'hui que je vois cette main parricide. '' Var. Fier niûme le nom aux murs de ce palais?

40 RODOGUNE

.lo vois déjà tes maux, j'entends déjà tes plaintes : -Mais pardonne aux devoirs qu'exige enfin un roi A qui tu dois le jour qu'il a perdu pour moi. J'aurai mêmes douleurs, j'aurai mémos alarmes; S'il t'en coûte un soupir, j'en verserai des larmes.

Mais, dieux ! que je me trouble en les voyant tous deux ! Amour, qui me confonds, cache du moins tes feux; Et, content de mon cœur dont je te fais le maître. Dans mes regards surpris garde-toi de paraître.

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