ACTE 111, SCÉIMK V. S
Mon frère , pardonnez à des discours sans suite ,
Qui font trop voir le trouble où mon àme est réduite ' .
SKLEUCUS.
J'en ferais comme vous, si mon esprit troublé
Ne secouait le joug dont il est accablé.
Dans mon aml)ition , dans l'ardeur de ma llamnie,
Je vois ce qu'est un trône , et ce qu'est une femme ;
Et, jugeant par leur prix de leur possession^
J'éteins enfin ma flamme et mon ambition;
Et je vous céderais l'un et l'autre avec joie ,
Si , dans la liberté que le ciel me renvoie,
La crainte de vous faire un funeste présent
Ne me jetait dans l'âme un remords trop cuisant.
Dérobons-nous , mon frère , à ces âmes cruelles ,
Et laissons-les sans nous achever leurs querelles.
ANTIOCHUS
Comme j'aime beaucoup, j'espère encore un peu. L'espoir ne peut s'éteindre où brûle tant de feu; Et son reste confus me rend quelques lumières Pour juger mieux que vous de ces âmes si lières. Croyez-moi , l'une et l'autre a redouté nos pleurs • Leur fuite à nos soupirs a dérobé leurs cœurs; Et, si tantôt leur haine eût attendu nos larmes. Leur haine à nos douleurs aurait rendu les armes.
SÉLEUCUS
Pleure^ donc à leurs yeux , gémissez , soupirez, Et je craindrai pour vous ce que vous espérez. Quoi qu'en votre faveur vos pleurs obtiennent d elles, Il vous faudra parer leurs haines mutuelles. Sauver l'une de l'autre ; et peut-être leurs coups , Vous trouvant au milieu , ne perceront que vous : C'est ce qu'il faut pleurer. Ni maîtresse ni mère
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■>-P RODOGUr\K.
N'ont plus de choix ici ni de lois à nous faire ' ; Quoi que leur rage exige ou de vous ou de moi . Rodogune esta vaus,puiscjueje^yc>us fais roi. ~ J^^-^aA^J Épargnez vos soupirs près de l'une et de l'autre. J'ai trouvé mon bonheur, saisissez-vous du vôtre : Je n'en suis point jaloux; et ma triste amitié Ne le verra jamais que d'un œil de pitié.