SCÈNE V
CLÉOPATRE
Que tu pénètres mal le fond de mon courage !
Si je verse des pleurs , ce sont des pleurs de rag-e ;
Et ma haine , qu'en vain tu crois s'éA^anouir ,
Ne les a fait couler qu'afin de t'éblouir.
.le ne veux plus que moi dedans ma confidence.
Et toi, crédule amant, que charme l'apparence,
Et dont l'esprit léger s'attache avidement
Aux attraits captieux de mon déguisement ,
Va, triomphe en idée avec ta Hodogune,
Au sort deslrnmortels préfère ta fortune ,
Tandis que , mieux instruite en l'art de me venger,
En de nouveaux malheurs je saurai te plonger.
Ce n'est pa.s tout d' un coup que tant d'orgueil trébuche :
De (jui se rend trop tôt on doit craindre une eml)ùclie
VA c'est mal démêler le cœur d'avec le front,
Que prendre pour sincère un changeuient si proinp!