ACTE IV, SCENE I. V
Il tAclie à raffermir leurs ùmes ébranlées.
AUGUSTE
Lui seul les encourage, et lui seul les séduit ! 0 le plus déloyal que la terre ait produit! 0 trahison conçue au sein d'une furie ! 0 trop sensible coup d'une main si chérie 1 Cinna, tu me trahis!... Polycléte, écoutez,
( Il lui parle à l'oreilU. ) POLYCLÈTE.
Tous vos ordres, seigneur, seront exécutés.
AUGUSTE
Uu'Éraste en même temps aille dire à Maxime Qu'il vienne recevoir le pardon de son crime.
( PolyrlftP rfiiifie. i
EUPHORBE
Il l'a jugé trop grand pour ne pas s'en punira
A peine du palais il a pu revenir,
Que , les yeux égarés , et le regard farouche ,
Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche ,
Il déteste sa vie et ce complot maudit,
M'en apprend l'ordre entier tel que je vous l'ai dit ;
Et, m'ayant commandé que je vous avertisse ,
Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice ,
K Que je n'ignore point ce que j'ai méritéV >>
Puis soudain dans le Tibre il s'est précipité;
Et l'eau grosse et rapide, et la nuit assez noire^
M'ont dérobé la fin de sa tragique histoire.
' Var. Il la jugé trop grand pour se le pardonner.
A peine du palais il a pu retourner.
Que de tous les côtés lançant un œil farouche. ''■ Var. Que je n'ignore pas ce que jai mérité. ^ Var. Kt l'eau grosse et rapide, et la nuit survenue ,
L'ont dérobé sur l'heure à ma débile vue. auguste.
Sous ses justes remords il a troji sucromlié.
270 CINNA
AUGUSTE
Sous ce pressant remords il a trop succombé,, Il s'est à mes bontés lui-même dérobé ; Il n'est crime envers moi qu'un repentir n efface : Mais puisqu'il a voulu renoncer à ma grâce , Allez pourvoir au reste , et faites qu'on ait soin De tenir en lieu sûr ce fidèle témoin.