‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 284 sur 355 · CORN EUE · texte numérisé non relu

CORN EUE

0 soupirs, ô respect! ô qu'il est doux de plaindre

Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre î

Qu'avec chaleur, Philippe, on court à le venger

Lorsqu'on s'y voit forcé par son propre danger,

Et quand cet intérêt qu'on prend pour sa mémoire

Fait notre sûreté comme il croit notre gloire !

César est généreux , j'en veux être d'accord ;

Mais le roi le veut perdre, et son rival est mort.

Sa vertu laisse lieu de douter à l'envie

De ce qu'elle ferait s'il le voyait en vie.

Pour grand qu'en soit le prix , son péril en rabat ;

Cette ombre qui la couvre en affaiblit l'éclat ;

L'amour même s'y mêle , et le force à combattre :

Quand il venge Pompée , il défend Cléopàfre.

Tant d'intérêts sont joints à ceux de mon époux ^

Que je ne devrais rien à ce qu'il fait pour nous,

Si, comme par soi-même un grand cœur juge un aufr*^,

Je n'aimais mieux juger sa vertu par la nôtre ,

Et croire que nous seuls armons ce combattant,

Parce qu'au point qu'il est j'en voudrais faire auto ut.

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