ACTE II, SCÈNE IV
Et deux naots de ta bouche arrêtent sa colère .
CUIMÈNE.
S'il ne m' obéit points quel comble à mon ennui ! Et, s'il peut m'obéJr, que dira-t-on de lui? Étant né ce qu'il est, souffrir un tel outrage ^ ! Soit qu'il cède ou résiste au feu qui me l'engage , Mon esprit ne peut qu'être ou honteux ou confus De son trop de respect, ou d'un juste refus.
l'infante.
Chimène a l'âme haute , et , quoique intéressée '" , Elle ne peut souffrir une basse pensée; Mais si jusques au jour de l'accommodement Je fais mon prisonnier de ce parfait amant, Et que j'empêche ainsi l'effet de son coiu?age, Ton esprit amoureux n'aura-t-il point d'ombrage?
CUIMÈNE.
Ah! madame, en ce cas je n'ai plus de souci. SCÈNE IV.
L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR, le page.
l'infante.
Page, cherchez Rodrigue, et l'amenez iei
LE PAGE
Le comte de Gormas et lui. . .
CHIMÈNE
Bon Dieu! je tremble.
l'infante.
Parlez.
' Var. Souffrir uii tel affront , étant né gentilhomme ' Soit qu'il cède ou résiste au feu cjui le consomme.
^ Var Chimène est généreuse , et , (iuoic|uc intéressée, Elle ne peut souffrir une lâche pensée.
LE PAGE
De ce palais ils sont sortis ensemble.
CHIMÈNE
Seuls?
LE PAGE
Seuls, et qui semblaient tout bas se quereller.
CHIMÈNE
Sans doute ils sont aux mains ^ il n'en faut plus parler Madame^ pardonnez à cette promptitude .