‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 312 sur 355 · CLARICE, ALCIPPE · texte numérisé non relu

CLARICE, ALCIPPE

ALCIPPE

Alî , Clarice î ah , Clarice ! inconstante ' volage 1

CLARICE

Aurait-il deviné déjà ce mariage ?

Alcippe, qu'avez-vous ? qui vous fait soupirer ?

ALCIPPE

Ce que j'ai , déloyale ! eh ! peux-tu l'ignorer - ? Parle à ta conscience; elle devrait t' apprendre...

CLARICE

Parlez un peu plus bas , mon père va descendre.

ALCIPPE

Ton père va descendre , àme double et sans foi î Confesse que tu n'as un père que pour moi. La nuit, sur la rivière.. .

CLARICE

Eh bien î sur la rivière ?

La nuit î quoi ? quest-ce enfin ?

Oui, la nuit tout entière.

* CLARICE

Après ?

' Var. Et tout ce <|u<)n peut dire en semblable sujet. ' V vH. Ce que j'ai , malheureuse ! eh ! peux-tu lignorer?

ALCIPPE

Quoi ! sans rougir?...

CLARICE

Rougir ! à quel propos ?

ALCIPPE

Tu ne meurs pas de honte, entendant ces deux mots !

CLARICE

Mourir pour les entendre ! et qu'ont-ils de funeste ?

ALCIPPE

Tu peux donc les ouïr, et demander le reste ! Ne saurais-tu rougir, si je ne te dis tout?

CLARICE

Quoi j tout ?

ALCIPPE

Tes passe-temps, de Fun à l'autre bout.

CLARICE

Je meure , en vos discours si je puis rien comprendre

Quand je te veux parler, ton père va descendre ; 11 t'en souvient alors ; le tour est excellent ! Mais pour passer la nuit auprès de ton galant \..

CLARICE

Alcippe, étes-vous fou ?

ALCIPPE

Je n'ai plus lieu de l'être ', A présent que le ciel me fait te mieux connaître. Oui , pour passer la nuit en danses et festin , Être avec ton galant du soir jusqu'au matin (Je ne parle que d'hier), tu n'as point lors de père.

CLARICE

Rêvez-vous? raillez-vous? et quel est ce mystère?

' Vah. Mais pour passor la nuit avcccjuc ton galant, î Vab J«' le di'vrai» hicn H\t..

ACTP: II, SCENK IH. ÔJ3

ALCIPPF.

(a\ mystère est nouveau, mais non pas fort secret. Choisis une autre fois un amant plus discret; Lui-même il m'a tout Jit.

CLARIŒ.

Qui, lui-nn'^me?

ALCIPPE

Dora lit»»,

GLARICE.

Continue, et fais bien l'ignoranh,',

CLARICE

S: je le vis jamais , et si je le connoi ! . . .

ALCIPPE

Ne viens-je pas de voir son père avecque toi ? Tu passes , infidèle , ame ingrate et légère , La nuit avec le fils , le jour avec le père !

CLARICE

Son. père, de vieux temps, est grand ami du mien.

ALCIPPE

Cette vieille amitié faisait votre entretien *? Tu te sens convaincue, et tu m'oses répondre î Te faut-il quelque chose encor pour te confondre ?

CLARICE

Alcippe , si je sais quel visage a le fils..

ALCIPPE

La nuit était fort noire alors que tu le vis.

U ne t'a pas donné quatre chœurs de musique ,

Une collation superbe et magnifique ,

Six services de rang, douze plats à chacun ?

Son entretien alors t'était fort importun?

Quand ses feux d'artifice éclairaient le rivage.

Tu n'eus pas le loisir de le voir au visage ?

àl-i LE MKMKUn.

Tu 11 as pas avec lui dansé juscjues au jour ? Et tu ne Tas pas vu pour le moins an retour? T'en ai-je dit assez? Kougis^, et meurs de honte !

CLARICE

Je ne rougirai point pour le récit d'un conte,

ALCIPPE

ijuoi? je suis donc un fourbe^ un bizarre, un jaloux !

CLARICE

Quelqu'un a pris plaisir à se jouer de vous^ Alcippe, croyez-moi.

ALCIPPE

Ne cherche point d'excuses; Je connais tes détours, et devine tes ruses. Adieu : suis ton Dorante, et l'aime désormais ; Laisse en repos Alcippe , et n'y pense jamais.

CLARICE

Écoutez quatre mots.

ALaPPE.

Ton père va descendre.

CLARICE

Non , il ne descend point, et ne peut nous entendre; Et j'aurai tout loisir de vous désabuser.

ALCIPPE

Je ne t'écoute point , à moins que in'épouser, A moins qu'en attendant le jour du mariage , M'en donner ta parole et deux baisers en gage.

CLARICE

l^our me justifier vous demandez de moi , Alcippe?

ALCIPPE

Deux baisers, et ta main , et ta loi.

CLARICE

\)\U' cela?

ALCIPPE

K«'sous-lni . sans plus jm<' l'aire idlcndrcr

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