ACTE IV, SCENE IV
]>our hasarder ce gage il m'est trop précieux.
A ce coup ma prière a pénétré les cieux.
Je pense en la voyant que je mourrai de joie.
Adieu : je vais changer la lettre que j'envoie, En écrire à son père un nouveau compliment, Le prier d'avoir soin de son accouchement, Comme du seul espoir où mon bonheur se fonde.
DORANTE, basàCliton.
Le bonhomme s'en va le plus content du monde.
GÉRONTE , se retournant.
Écris-lui comme moi.
DORANTE
Je n'y manquerai pas.
Qu'il est bon !
CLITON
Taisez-vous , il revient sur. ses pas
GÉRONTE
Il ne me souvient; plus du nom de ton beau-père. Comment s'appelle-t-il?
DORANTE
Il n'est pas nécessaire; Sans que vous vous donniez ces soucis superflus, En fermant le paquet j'écrirai le dessus.
GÉRONTE
Étant tout d'une main , il sera plus honnête
DORANTE
Ne lui pourrai-je ôter ce souci de la tête?
Votre main ou la mienne, il n'importe des deux.
GÉRONTE
Ces nobles de province y sont un peu fâcheux.
DORANTE
Son père sait la cour.
GÉRONTE
Ne me fais plus attendre ,
5àa LE MENTEUR.
Dis-moi . . .
DORANTE
Que lui dirai-je?
GÉRONTE
Il s'appelle ?
UOHANTE.
Pyrandre.
GÉRONTE
Pyrandre î tu m "as dit tantôt un autre nom . C'était, je m'en souviens, oui, c'était Armédon .
DORANTE
Oui , c'est là son nom propre, et Fautre d'une terre Il portait ce dernier quand il fut à la guerre , Et se sert si souvent de l'un et l'autre nom , Que tantôt c'est Pyrandre, et tantôt Armédon.
GÉRONTE
t^est un abus commun qu'autorise l'usage, Et j'en usais ainsi du temps de mon jeune î\ge. Adieu : je vais écrire.