ACTE I, SCÈJNE lll. ir,i
DWlbc avec mon amour j'accordais la quercllo : Je soupirais pour vous en combattant pour elle ; Et, s'il fallait cncor que Ton en vînt aux coups. Je combattrais pour elle en soupirant pour vous. Oui , malgré les désirs de mon âme charmée , Si la guerre durait, je serais dans l'armée : C'est la paix qui chez vous me donne un libre accès, La paix à qui nos feux doivent ce beau succès.
CAMILLE
La paix! et le moyen de croire un tel miracle?
JULIK.
Camille, pour le moins, croyez-en votre oracle, Et sachons pleinement par quels heureux effets L'heure d'une bataille a produit cette paix
CURIACE
L'aurait-on jamais cru? Déjà les deux armées *, D'une égale chaleur au combat animées.
Se menaçaient des yeux, et, marchant fièrement. N'attendaient, pour donner, que le commandement Quand notre dictateur devant les rangs s'avance. Demande à votre prince un moment de silence ; Et, l'ayant obtenu : « Que faisons-nous, Romains, « Dit-il, et quel démon nous fait venir aux mains? « Souffrons que la raison éclaire enfin nos âmes : « Nous sommes vos voisins, nos filles sont vos femmes, « Et rhymen nous a joints par tant et tant de nœuds , « Qu'il est peu de nos fils qui ne soient vos neveux ; [les : « Nous ne sommes qu'un sang et qu^un peuple en deux vi lc< Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles « Où la mort des vaincus affaiblit les vainqueurs , « Et le plus beau triomphe est arrose de pleurs? » Nos ennemis communs attendent avec joie
^ Vais. Dieux I «jui l'eût jamais cru? cl«?jil les iknix artiiée.s
f.'>2 HOUACK.
« Qu'un de* partis défait leur donne Tautre en proie ^
K Lassé, demi-rompu, vainqueur, nicùs, poiu' tout fruit,
« Dénué d'un secours par lui-même détruit.
« ils ont assez longtemps joui de nos divorces
« Contre eux dorénavant joignons toutes nos forc^îs,
« Et noyons dans Foubli ces petits différends
•( Qui de si bons guerriers font de mauvais parents.
♦( Que si l'ambition de commander aux autres
« Fait marcher aujourd'hui vos troupes et les nôtres,
.< Pourvu qu'à moins de sang nous voulions l'apaiser,
« Elle nous unira, loin de nous diviser.
<( Nommons des combattants pour la cause commune ;
H Que chaque peuple aux siens attache sa fortune,
f< Et , suivant ce que d'eux ordonnera le sort ,
« Que le faible parti prenne loi du plus fort^;
u Mais, sans indignité pour des guerriers si braves,
« Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves ,
« Sans honte, sans tribut, et sans autre rigueur
«( Que de suivre en tous lieux les drapeaux du vai nqueui*.
« Ainsi nos deux États ne feront qu'un empire. »
Il semble qu'à ces mots notre discorde expire " :
Chacun , jetant les yeux dans un rang ennemi ,
Ueconnaît un beau-frère, un cousin, un ami ;
Ils s'étonnent comment leurs mains, de sang avides,
Volaient, sans y penser, à tant de parricides,
Et font paraître un front couvert tout à la fois
D'horreur pour l.i bataille et d'ardeur pour ce choix.
Enlin Tofirc s'accepte, et la paix désirée
Sous CCS conditions c^t aussitôt jurée : [sir.
Trois combattront pour tous : mais, pour les mieux «lioi-
Nos clicls ont \oMhi prriidre un \h'AI pbis de loisir :
\ vu *Jyi' h' iMi II |.lu- f.ulilr u|H-i->sc auplu^ lorl. Vah. a Os in'>ls,il «^r Uul . <1 ai>c clucun ,'>u|mic