ACTE IV, SCÈNE III. i
On parloit en tous lieux de ma magnificence , Quand, pour un inventaire où mon mari courut. Il s'échauffa si fort qu'en trois jours il mourut.
Avez-vous achevé votre histoire modeste?
ALBIONE.
J'en ai dit tout le beau , j'en vais dire le reste. Mon époux étant mort, ces miroirs, ces chenets , Ces chevaux, ce carrosse, et ces beaux cabinets, Tout cela s'en alla chez qui les voulut prendre : Je perdis les deux tiers quand je les fis revendre. Enfin pour nous tenir toujours sur le bon bout. Je n'ai rien ménagé, j'ai presque vendu tout; Si bien que ce matin ayant su qu'à des filles Qui doivent leur naissance à d'honnêtes familles, Crésus donne une dot pour les bien allier. Je vous en offre deux prêtes à marier. J'attends qu'en leur faveur votre bouche prononce ; Voilà ce qui m'amène.
ÉSOPE
Et voici ma réponse.