‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 13 sur 228 · LISETTE, MERLIN, ORONTE · texte numérisé non relu

LISETTE, MERLIN, ORONTE

LISETTE

Est-ce ici le logis de monsieur Licidas?

MERLIN

Ah! monsieur, c'est Lisette, ou bien j'ai la berlue.

ORONTE

Lisette? quel bonhour! viens que je te salue. Comment te portes-tu, ma pauvre enfant?

LISETTE

Fort bien , Monsieur.

MERLIN, la veut saluer aussi.

Je suis ravi... Comment, je n'aurai rien? Tu reviendras des champs, sans me baiser?

LISETTE

Ta bouche Doit avoir du respect pour ce que monsieur touche.

MERLIN

Patience, à ton tour tu verras ma fierté.

ORONTE

(décile est reveinie en parfaite santé?

Pour elle mon ardeur va jusques à l'extrême.

LISETTE

Et la sienne pour vous est presque tout de même.

Monsieur de Boisluisant, qui brûle de vous voir,

L'a déjà disposée à faire son devoir.

On ne voit rien d'égal , c'est moi qui vous le jure,

A son entêtement pour l'auteur du Mercure :

s'il peut l'avoir pour gendre, il sera trop content.

Le fils d'un duc et pair ne lui plairoit pas tant.

Il ne voit qu'en lui seul un mérite qui brille;

Kt tout autre lui semble indigne de sa fille.

Il va dans un moment vous l'amener ici :

(Jécile de frayeur en a le coeur transi ;

Elle craint, et sa crainte est assez raisonnable,

Qu'elle ne soit offerte à l'auteur véritable;

Et de monsieur son père ayant loué le choix,

Pour oser se dédire, elle eût manqué de voix.

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