‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 26 sur 228 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M. DE BOISLUISANT, ORONTE

M. DE BOISLUISANT

Oui, monsieur, c'est sans fard qu'avec vous je m'explique. Il n'est rien de plus propre et de plus magnifique : Je connois quatre ducs et plus de vingt marquis Qui n'ont pas à mon gré des meubles plus exquis. Je n'ai vu que miroirs, que pendules, que lustres. Que tableaux, mis au jour par des peintres illustres ; Et, ce qui m'a surpris, une collation Où la délicatesse et la profusion...

ORONTE

Eh ! de grâce , monsieur, un peu plus d'indulgence. J'ai sans doute abusé de votre complaisance ; Je vous eu fais excuse, et vous conjure...

M. DE BOISLUISANT

Eh bien !

Puisque vous le voulez , je n'en dirai plus rien. Disons un mot ou deux sur une autre matière. Je vous ai là-dedans ouvert mon ame entière : Vous savez le penchant qui m'entraîne vers vous ;

Et ma fille, en un mot, n'est plus si près de nous. Peut-être que, contraint par l'aspect de Cécile , Un refus à ses yeux vous seiubloit difficile : Pendant que votre aveu peut être rétracté. Ne vous contraignez point, parlez en liberté. Dites-moi franchement si votre cœur chancelle.

ORONTE

Tout ce qu'on peut sentir, mon cœur le sent pour elle. Charmé de vos bontés comme de ses attraits , A vous plaire , à l'aimer je borne mes souhaits : Et quoique mon amour ne fasse que de naître. Il est dans un état à ne pouvoir plus croître. Puisqu'à me rendre heureux vous vous intéressez, Je vous donne ma foi que jamais...

M. DE BOISLUISAXT.

c'est assez :

Vous pouvez librement entretenir Cécile Pendant une heure ou deux que je vais par la ville . J'aime mieux la laisser à vos soins obligeants Qu'en un hôtel garni, rempli de mille gens. Pénétrez si pour vous elle aura le cœur tendre. Quand j'aurai fait mon tour, je viendrai la reprendre. Adieu. Si vous m'aimez, traitez-moi sans façon.

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