SCÈNE I
ORONTE, MERLIN
ORONTE
Cécile est arrivée?
MEULIN.
Oui , la chose est certaine.
ORONTE
Et tu dis qu'elle loge...
MERLIN
A l'hôtel de Touraiiie.
Je vous l'ai déjà dit cinq ou six fois.
Hélas!
Redis-le moi sans cesse, et ne t'en lasse pas. Quoi que tu puisses faire, il seroit impossible De me rien annoncer qui me soit plus sensible. T'a-t-elle vu?
lo LE MERCURE GALANT.
Vraiment, tout comme je vous voi.
T'a-t-elle parlé?
MERLIN
Non.
ORONTE
Tout de bon?
MEKLIN.
Non , ma foi.
Car depuis le Pont-Neuf où je l'ai rencontrée, Jusqu'à ce que cliez elle elle ait été rentrée. Sou père , encor galant , la tenant par la main , Un mot quelle m'eût dit trahissoit son dessein. Sa langue s'est contrainte, ei je n'ai rien su d'elle : Mais ses yeux plus hardis jouoient de la prunelle; Et, si de leur jargon je suis bon truchement. Ils s'expliquoieut pour vous intelligiblement. Elle est grosse...
ORONTE
Elle est grosse ! Une vertu si pure Recevoir d'un coquin cette mortelle injure? Cécile grosse! Ah! traître, un mensonge si noir...
Tout doux, monsieur! j'entends grosse de vous revoir
Cécile est toute jeune, et je la crois fidèle.
Mais mon expression est aussi pure qu'elle.
On dit gros de vous voir, gros de boire avec vous.
o R O NT E.
Que ne parlois-lu donc sans me mettre en courroux?