SCÈNE VII
M. SANGSUE, M. BRIGANDEAU, ORONTE, M. DE BOISLUISANT, CÉCILE, LISETTE, MERLIN.
M. SANGSUE, ô Oronte.
Monsieur, votre très humble et très obéissant. Ma personne, je crois, ne vous est pas connue?
ORONTE
Non, monsieur, par malheur.
M. SANGSUE
Je me nomme Sangsue , Procureur de la Cour, pour vous servir.
ORONTE
Monsieur , Je vous rends, sur ce point, grâce de tout mon cœur.
M. SANGSUE
Savez-vous i|uel ilessein en ce lieu me fait rendre?
OnoNTE.
Non , monsieur.
M. SANGSUE
En trois mois je m'en vais vous l'apprendre. V^oici le fait. En l'an six cent quatre-vingt-deux, Pour divertissement d'un théâtre fameu.x , Contre les procureurs on fit une satire, Où presque tout Paris pensa pâmer de rire: Mais l'auteur qui l'a faite a dit publiquement Qu'il n'entend point toucher à ceux du parlement ; Et je viens tout exprès, pour braver l'imposture. Vous en demander acte en un coin du Mercure. En s'attaquant à nous, quel opprobre eut-ce été? C'étoit jouer la foi, l'honneur, la probité ; McUS ceux qu'on a choisis méritent qu'on les berne ; Ce sont des procureurs d'un ordre subalterne, Comme ceux des consuls, du Châtelet. ..