ACTE I, SCÈNE III. i2i
Pour paroître charmante on ne néglige rienj Et quel malheur plus grand que celui d'être belle, Lorsqu'à beaucoup d'appas on joint peu de cervelle? Peut-être que l'amant épris de vos attraits Est une belle tête à la cervelle près : Il plaît , il touche , il charme , à n'en voir que l'écorce ; Au fond, l'esprit et lui sont peut-être en divorce.
BORIS
Je le connois, monsieur, et dedans et dehors :
Son esprit, j'en suis sûre, est mieux fait que son corps:
Je puis, sans le flatter, dire à son avantage
Qu'il l'a beaucoup plus beau que tous ceux de son âge.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'en ai fait l'essai.
EUP H ROSINE.
Ce qu'elle vous en dit est assurément vrai : Je puis vous en parler de science certaine, s'il faut nous séparer, figurez-vous ma peine ! Ce sera pour mon cœur le coup le plus tuant...
Ésope.
Vous ne voulez donc point tâter du chat-huant?
DOUIS.
Eh fi! monsieur, comment voulez-vous qu'elle en tâte? Il n'est ragoût si bon qu'un tel morceau ne gâte. C'est un mets dégoûtant qui fait bondir le cœur.
EUPH ROSIN E.
Direz-vous à mon père ini mot en ma faveur? Puis-je l'espérer?
ÉSOPE
Oui , je prétends faire en sorte Que dès demain...