ACTE I, SCÈNE IV. i
Monsieur.
La confidente eu prendra bien aussi ?
Je vois bien qu'à la joie elle n'est pas contraire.
DORIS
Oh i pour moi volontiers , je suis fille à tout taire.
ÉSOPE
Allons à la sauté de votre époux futur. Vous me ferez raison que je crois ?
EUPHROSINE
A coup sûr.
Vous touchez de mon cœur un endroit trop sensible Pour vous rien refuser qui lui semble possible. Quand vous verrez mon père, appuyez fortement Sur les perfections de mon premier amant. J'attends tout d'un secours aussi grand que le vôtre.
DORIS
Et sur-tout pesez bien sur les défauts de l'autre. Faites-en un portrait vilain au dernier point ; Quoi que vous en disiez , vous ne l'outrerez point.
EUPHROSIXE.
Dites que le premier, digne de ma tendresse, Est l'homme le mieux fait qu'ait vu naître la Grèce.
DORIS
Dites que le second, bâti tout de travers , Est le plus laid mâtin qu'ait produit l'univers.
Persuadez-lui bien qu'Agénor (je le nomme ) A toutes les vertus qui font un honnête homme.
DORIS
Persuadez-lui bien qu'il n'est vice si bas Que n'ait le godenot que je ne nomme pas...
EUPHROSINE
Que, pour l'un chaque jour renouvelant mon zélé. Jusqu'au dernier soupir je lui serai fidèle...
DORIS
Que pour l'autre , peu propre au lien conjugal , S'il se joue à l'hymen , il s'en trouvera mal; Et qu'il a sur le front une table d'attente Qui de sa destinée est la preuve éclatante. Voilà ce qu'à son père il faut faire savoir.