ACTE I, SCÈNE I
CI DALI SE
Parlez, je vous prie.
DAMIS
Eh! madame...
Cin ALISE.
Oh! parlez, monsieur, s'il vous plaît, ou me laissez en repos. Votre silence m'outrage plus que tout ce que vous me pourriez dire.
DAMlS.
Par la morbleu ! si je le rencontre chez vous...
CI D AL 18 E
Encore ?
DAMIS
Je veux être le dernier des hommes...
CIDAUSE.
Eh bien?
DAMIS
Si je n'avertis votre père.
CIDALISE
De quoi?
DAMIS
Des visites d'Eraste , à qui j'ai défendu de venir
CIDALISE
En vérité, monsieur, si vous n'étiez point mon oncle , je vous dirois des choses qui ne vous plairoient point du tout.
i6o LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
D AMIS
Et moi, parceque vous êtes ma nièce, je vous dirai que vous êtes une extravagante ; et que, si vous n'y donnez ordre , et promptement , vous vous repentirez de n'avoir pas mieux profité de "mes conseils.
MAP. THON
Oh! par ma foi, je ne sais plus où j'en suis. Quoi ! toujours des emportements , des menaces ! Il semble, à vous entendre, que nous ayons mérité... que sais-je, moi? Mais aussi n'est-il pas vrai. Ne diroit-on pas que nous commettons tous les crimes imaginables? car enfin qui parle à madame parle à moi; qui la querelle m'offense. Je ne saurois m'accoutumer à tout ceci ; c'est tous les jours chose nouvelle ; et quelque déraisonnable que vous soyez aujourd'hui, il ne tiendra qu'à vous de l'être demain davantage.
CIPA LISE.
Vous voyez, monsieur, ce que vos manières vous attirent.
DAMIS
Je vous avois déjà priée, madame, de vous défaire de mademoiselle Marthon.
Eh bien ! monsieur, je sortirai, j'y consens; je ne la verrai plus quereller mal à propos, du moins.