‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 109 sur 288 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

MARTHOS.

Non, vous dis-je.

cm ALISE.

Tu ne connois pas que c'est elle qui pousse mon oncle à me tourmenter?

MA RTHOX.

Et pourquoi?

CIDALISE

Par jalousie.

MARTHO'.

Et de qui?

CIDALISE

De moi.

MARTHON.

Expliquez-vous.

CIDALISE

Elle s'imagine que je suis le seul obstacle à l'amour qu'elle a sans doute pour Éraste.

MARTHON.

Ah! par ma foi, madame, vous avez raison. Je rappelle mille et mille choses qui me convainquent de ce que vous dites. En vérité , je suis bien sotte.

Ne remarques-tu pas , toutes les fois qu'Éraste me vient voir, que ma tante descend aussitôt ici?

MARTHON.

Justement.

CIDALISE

Qu'elle me charge toujours de quelque affaire qui m'oblige à sortir, afin qu'elle demeure seule avec lui? J'ai vingt fois eu la pensée d'en avertir mon oncle.

Cela n'auroit de rien servi, madame; il la verroit dans les bras de trente hommes, qu'il n'en prendroit aucun soupçon. Ses dehors affectés, ses discours éternels de morale et de vertu, son décliaineraent contre tous les plaisirs, dont elle sait goûter jusqu'aux moindies délicatesses, lui donnent un empire absolu sur l'esprit de monsieur votre oncle.

CIDALISE

C'est aussi ce qui m'a empêchée de hasarder la chose.

MARTHON.

Vous avez fort bien fait.

CIDALISE

Mais enfin ils auront beau me persécuter, la jalousie de ma tante, le pouvoir de mon oncle, ni celui de mon père même, ne me forceront point à me marier contre mon inclination.

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