CID ALISE, ÉRASTE, MARTHON, PASQUIN, LE COMTE, LUCILE
LE COMTE
Qui donc, madame ?
CI DA LISE
Ce n'est rien.
ÉRASTE, h Cidalise.
Enfin donc,madame, vous voulezme voir mourir. Vous n'avez point de pitié d'un homme qui vous a si tendrement aimée. Il faut vous contenter, madame, il faut cesser de vivre, il faut vous quitter.
C IDALISE.
Vous n'êtes pas sage, Eraste ; vous ne songez pas qu'il y a des gens ici...
ÉRaSTE.
Eh! madame, toute la terre sait que je vous aime depuis si long-temps! que je n'ai jamais laisse'passer un moment sans le penser, sau» vous
1 écrire , ou sans vous le dire ; et toute la terre sait que vous ne m'avez jamais aimé, que vous ne l'avez jamais pensé, que vous mentiez quand vous me l'avez écrit , et que vous m'avez toujours trompé.
CID AI, ISE.
Je vous prie de vous taire, encore une fois, (au comte.) C'est un extravagant, monsieur; il ne faut p-as prendre garde...
ÉRASTE
Ah î je suis donc un extravagant? j'en suis bien aise, (^apercevant le comte.) Mais que vois-je? (à Cidalise.) Ah, volage ! N'est-ce pas, perfide !... Je ne me trompe point, ame sans foi ! c'est lui-même. Vous avez bientôt fait connoissance. Hier à la foire, aujourd'hui dans votre chambre ; c est faire bien du chemin en peu de temps, et cela demeureroit impuni! non. Que toutes les foudres du ciel me tombent sur la tête...
cm AU SE, a Éraste.
Mais écoutez.
ÉRASTE
Laissez-moi là.
M A R T H o M , rt Eraste.
Ce n est point...
ÉRASTE
Oîe-toi. malheureuse!