‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 158 sur 288 · ÉRASTE, CÉPHISE · texte numérisé non relu

ÉRASTE, CÉPHISE

ÉRA.STE, à part.

J'enrage.

CÉPH I SE.

Eh bien ! cette étourdie , je pense , en vente , qu'elle nous laisse seuls ici.

ÉRASTE

Il est vrai, madame, et je vais 1 appeler, s il vous plaît.

CÉPHISE

Je ne dis pas cela, monsieur. Mais vous savez qu'aujourd hui on juge sur les apparences : et comme deux personnes seules peuvent faire tout ce qu'il leur plait, ou peut d'elles aussi dire tout ce qu'on veut.

ÉRASTE

Les personnes comme vous , d'une vei tu con- Hrmée, peuvent tout hasarder, sans craindre qu'on en juge mal

Je ne dis pas cela, monsieur; noais on ne sauroit as>ez se mettre en garde contre la médisance d'aujourd'hui.

ÉRASTE

Lorsque lanie'disance n'est appuyée sur aucun fondement, elle est aisée à détruire; et ceux qui pourruient s'imaginer que je fusse assez téméraire pour vous aimer n'ignorent pas que vous êtes trop vertueuse pour ni'écouter. Mais, pour vous obéir, j'appellerai Marthon, si vous voulez.

Non, non, monsieur; demeurez. Que parlezvous d'aimer? Achevez, je vous prie.

ÉRASTE, à part.

Je suis au désespoir.

CÉPHISE

Qu'avez-vous? VOUS me semblez fâché.

ÉRASTE

Et qu'aurois-je, mad

aurois-je, madame .

CÉPHISE

Je ne sais ; mais vous me paroissez tout-à-fait embarrassé.

ÉRASTE

Il est vrai, madame, je vous l'avoue, je le suis autant qu'on le peut être; et je ne rae suis jamais trouvé dans l'état où je me vois.

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