ÉRASTE, CÉPHISE
ÉRA.STE, à part.
J'enrage.
CÉPH I SE.
Eh bien ! cette étourdie , je pense , en vente , qu'elle nous laisse seuls ici.
ÉRASTE
Il est vrai, madame, et je vais 1 appeler, s il vous plaît.
CÉPHISE
Je ne dis pas cela, monsieur. Mais vous savez qu'aujourd hui on juge sur les apparences : et comme deux personnes seules peuvent faire tout ce qu'il leur plait, ou peut d'elles aussi dire tout ce qu'on veut.
ÉRASTE
Les personnes comme vous , d'une vei tu con- Hrmée, peuvent tout hasarder, sans craindre qu'on en juge mal
Je ne dis pas cela, monsieur; noais on ne sauroit as>ez se mettre en garde contre la médisance d'aujourd'hui.
ÉRASTE
Lorsque lanie'disance n'est appuyée sur aucun fondement, elle est aisée à détruire; et ceux qui pourruient s'imaginer que je fusse assez téméraire pour vous aimer n'ignorent pas que vous êtes trop vertueuse pour ni'écouter. Mais, pour vous obéir, j'appellerai Marthon, si vous voulez.
Non, non, monsieur; demeurez. Que parlezvous d'aimer? Achevez, je vous prie.
ÉRASTE, à part.
Je suis au désespoir.
CÉPHISE
Qu'avez-vous? VOUS me semblez fâché.
ÉRASTE
Et qu'aurois-je, mad
aurois-je, madame .
CÉPHISE
Je ne sais ; mais vous me paroissez tout-à-fait embarrassé.
ÉRASTE
Il est vrai, madame, je vous l'avoue, je le suis autant qu'on le peut être; et je ne rae suis jamais trouvé dans l'état où je me vois.