ACTE III, SCÈNE XVI
On veut vous parler... Madame , je vous donne le bonjour.
CI D A LISE
Que murmures-tu là, Pasquin?
ÉRASTE
Je n'y comprends rien.
PASQUiis tourne de même, et se trouve devant
Marthon.
Un homme, une lettre, une femme, vous disje. On vous veut parler... Bonjour, Marthon.
ÉRASTE
Ce maraud-là me feroit perdre patience.
PASQUIN
Une femme...
Une femme... Parleras-tu? Je te donnerai mille coups de bâton.
•PASQUIN
Oh bien! puisque vous voulez qu'on le dise tout haut , il y a un homme au logis qui veut vous rendre une lettre.
ÉRASTE
Pourquoi tout ce mystère ? Et de quelle part?
PASQUIN
Oh! de quelle part? il vous le dira.
CIDALISE
Allez, monsieur; voyez ce qu'on vous veut.
ÉRASTE
Hélas! madame, que pourroit-ce être, qui pût me tenir lieu du plaisir que je perds?
CIDALISE
Allez, vous dis-je.
ÉRASTE
J'y vais, madame. Mais, auparavant, je vous prie de me rendre votre portrait : je ne puis vivre sans vous, ou sans quelque chose qui vous ressemble.
Vous rêvez, je pense. Ne l'avez-vous pas, mon portrait? Mais je vois bien que vous voulez me rendre le vôtre , que je vous ai renvoyé ce matin.
ÉRASTE
Je n'ai point reçu le mieii , madame ; et je vous ai renvoyé le vôti e.
cm AL 1 SE.
Je vous ai renvoyé le votre, monsieur; et je n'ai point reçu le mien.
ÉRASTE
Vous l'avez, madame, assurément. Pasquin?
ClDALlSE.
Je n'ai ni le mien ni le vôtre, monsieur, assurément. Marthon?^