SCÈNE XIV
CIDALISE, LUCn.E, ÉRASTE, LE COMTE, PASQUIN , 3L\RTH0N.
M ART HO .M
Bonsoir, Pasquin.
p A sou IN.
Bonsoir, Marthon. Ils me prenoient pour un vo'eur, à ce qu'ils disoient ; mais je crois, par ma foi, qu'ils me vouluient voler eux-mêmes. La peste ! qu'ils ont le nez fin ! Ils m'ont suivi plus de
286 LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE, trois rues : ces truffes que je portois les guidoient merveilleusement. Enfin je suis arrivé à la petite porte ; j'ai voulu l'ouvrir avec la clef qu'Éraste m'a laissée; au diablezot, j'ai trouvé, je pense , plus de quarante mille trous de serrure sans trouver le véritable. Ces messieurs se sont arrêtés ; ma crainte a redoublé, et leurs soupçons aussi, {avec trois sons de voix différents. ) Il veut crocheter cette porte, disoit l'un: c'est un voleur, disoit l'autre... Il faut le mener au Chàtelet... Enfin j'ai vu l'heure que nous allions capituler; et je me trouvois déjà fort heureux de me retirer sain et sauf , sans armes ni bagages , c'est-à-dire sans truffes , ratafia, ni vin de Champagne.
ÉRASTE
Tu as donc ouvert la porte, à la fin?
PASQUIN
Ah ! ma foi, il étoit temps. Oh ! çà^ que feraije de tout ceci ?
CIDALISE
Marthon, aidez-lui. Suis-la, Pasquin.