SCÈNE I
CIDALISE, MARTHON.
CID ALISE
Ah, juste ciel! Qui a jamais ouï parler d'une semblable perfidie ?
WAllTHON.
Madame...
CIDALISE
J'étois près d'entrer dans la chambre de mon oncle, pour lui donner le bonsoir...
MARTHON.
Eh bien?
CIDALISE
Ma tante étoit auprès de lui. J'ai eu la curiosité d'écouter ce qu'ils disoient.
MARTHON.
Que disoient-ils ?
CIDALISE
Ils prenoient leurs mesures pour me faire partir demain. Je suis au désespoir.
3eo LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
M ARTHO>'.
Allons, allons, madame , ne vous affligez point. Contre fortune , bon cœur. Quand on a de l'esprit on se divertit par-tout.
CIDALISE
Que ferons-nous dans ce vilain château?
Nous médirons de madame votre tante ; il y aura là de quoi nous occuper six mois.
CIDALISE
On ne peut pas toujours médire.
M AETUOÎf.
Nous trouverons mille amusements.
Et quoi encore?
M ARTHON
Mais que sais-je, moi? Casser les vitres, les miroirs; rompre, briser les meubles; mettre le feu à la maison : il y a cent petites choses récréatives comme cela.