CARI
Que puis-je souhaiter quand je perds Philumène ?
BYREHIE.
Eh! ne feriez- vous pas, avec bien moins de peine, Un effort pour chasser ce malheureux: amour ! Que d'en parler sans cesse, et la nuit et le jour? Sans relâche, attentif au feu qui vous dévore , Par de pareils discours vous l'irritez encore.
CARIN
Hélas ! qu'il t'est aisé , dans un profond repos. De vouloir apporter du remède à mes maux!
BYRRHIE.
Je vous dirai pourtant...
c A R I N , l'interrompant.
Ah! laisse-moi, Byrrhie; Un semblable discours me fatigue et m'ennuie.
BYRRHIE.
Vous ferez là-dessus tout ce qu'il vous plaira.
CARIN
Paraphile de mon sort lui seul décidera.
H faut tout employer, avant que je périsse :
Il se rendra peut-être à mes désirs propice.
Je vais lui découvrir l'excès de mes tourments;
Et s'il n'est pas touché des peines que je sens ,
Pour quelque temps, au moins, j'obtiendrai qu'il diffère
Un hymen que je crains et qui me désespère.
Pendant ce temps il peut arriver... que sait-on?
BYRRHIE.
Il ne peut désormais arriver rien de bon.
c A R I N , apercevant Parnphile.
Je vois PampLile... O ciel, coascille-moi , Byrrhie- L'aborderai-je, ou non?
BV RRHIE.
Contentez votre envie.
Découvrez-lui l'état où l'amour \ous a mis. Peut-être craiudra-t-il quehjue chose de pis.