ACTE II, SCENE II. 3«i
tJn adieu qui sera le dernier de ma vie.
PAMPHI LE.
Eh! pourquoi donc cela?
CARIN
Je demeure interdit.
Je n'ose vous parler, et vous m'avez tout dit. Byrihie, instruit d'un mal, que j'ai peine à vous taire, Vous peut de mes malheurs découvrir le mystère.
B T R R n I E , à Pamphile.
Oui-da, je le ferai très volontiers.
PAMPHILE
Hé bien?
BTRRHIE.
Ne vous alarmez pas, sur-tout; c'est moins que rien.
( montrant Carin. ) Monsieur est amoureux, amoureux, à la rage, De celle qu'on vous va donner en mariage.
PAMPHILE
( à Carin. ) Il Fairae?... Mais, Carin , parlez -moi nettement : Vous aime-t-elle aussi? Par quelque engagement Pourriez- vous?... Dites-moi... Ce que je me propose...
CARI.N, l'interrompant.
Non, je vous avouerois ingénument la chose.
PAMPHILE
Ah ! plût au ciel, Carin , que pour vous et pour moi...
CARi.v, l'interrompant.
Je suis de vos amis, Pamphile, je le croi. Par cette amitié donc entre nous établie, Rompez premièrementpcet hymen qu'on publie.
Je ferai mes efforts.
CAR IN
Ou bien, si votre cœur Dans cet engagement trouve tant de douceur. ..
p A M p H 1 L E , l'interrompant.
Quelle douceur!
CARIN
Au moins, et pour dernière grâce, Différez d'un seul jour le coup qui me menace, Pour me donner le temps de délivrer vos yeux D'un ami , d'un amant, d'un rival odieux!
PA MPHILE.
Écoutez-moi, Cariu. Dans le siècle où nous sommes. Vous ne l'ignorez pas, on rencontre des hommes Qui , parés d'un bienfait qu'ils n'ont jamais rendu, En arrachent le fruit, qui ne leur est pas dû. Je suis, vous le savez , d'un autre caractère : Ainsi , pour vous parler sans feinte, sans mystère, Cet hymen si contraire à vos plus chers désirs Me cause maintenant de mortels déplaisirs.
CARIN
Hélas ! vous me rendez la joie et l'espérance.
p A MPHILE.
Vous pouvez maintenant agir en assurance. Fafite» pour l'épouser jouer mille ressorts; Pour ne l'épouser point je ferai mes efforts.
CARIN
J'emploierai...