ACTE II, SCÈNE IV
C'est votre père, au moins, pensez-v mieux, Pamphile;
Et de lui résister c'est chose peu facile.
Dans de nouveaux chagrins n'allez point vous plonger.
Sur le moindre soupçon qu'il pounoit se forger,
Il vou- feioif chasser brusquement Glicérie,
Vous n'en entendriez parler de votre vie.
PAMPHILE
La chasser! juste ciel!
DA VE
N'en doutez nullement.
PAMPHILE
Que faut-il faire? hélas !
DAVE
Dire, tout maintenant, Qu'à suivre ses conseils vous n'aurez nulle peine. Et que vous êtes prêt d'épouser Philumène.
PA.MPH ILE.
Hein?
Plaît-il ?
PAMPHILE
Je dirai...
D A v E , l'interrompant.
Pourquoi non?
Que je vais.,.
Non, Dave, encore un coup, ne m'en parle jamais.
DAVE
Croyez-moi.
C'en est trop, et ce discours me lasse
Mais que risquerez-vou ? Écoutez-moi , de grâce !
PA M PH I LE
De me voir séparer de l'objet de mes vœux, D épouser Philumèue et vivre malheureux.
DA V E
Cela ne sera point : soit dit sans vous déplaire , Je vois plus clair que vous dans toute cette affaire. Vous ne hasardez rien à vous humilier.
Votre père dira : « Je veux vous marier; « J'ai choisi ce jour-ci pour célébrer la fête : « Et vous lui répondrez, en uicliuant la tête : « Mon père, je ferai tout ce qu'il vous plaira. » Fiez-vous-eu à moi ; ce coup l'assommera , Et ce bon homme enfin, en intrigues fertile, Cessera de poursuivre un dessein inutile. Chrêmes, dans son refus, plus ferme que jamais. Vous va servir, monsieur, et selon vos souhaits. Ainsi vous passerez, au gré de votre envie, Sans troubles, d'heureux jours auprès de Glicérie. Chrêmes , de votre amour par mes soins informé , Dans son juste refus se verra confirmé. Mais ressouvenez-vous que le nœud de l'affaire J)st de paroître en tout soumis à votre père; Et ne vous allez point encore imaginer Qu'il ne trou\era plus de fille à vous donner. Dans cet engagement que vous faites paroître, Il vous la choisira vieille et laide peut-être,