‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 283 sur 288 · ACTE Y, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE VII

SIMON

Quoi! n'avez-vous pas dit que cette Glicérie Étoit citoyenne?

CRITOX.

Oui , j'en réponds , sur ma vie !

SIMON

Arrivez- vous exprès pour soutenir ceci?

C RIT ON

Comment donc! eh! pour qui me prenez-vous ici?

SIMON

Vous imaginez-vous que, sans bruit, sans murmure, On laissera passer une telle imposture?

Qu'il vous sera permis d'employer vos talents A corrompre l'esprit, les mœurs des jeunes gens, Sous le flatteur espoir d'une fausse promesse?

C RIT ON

Juste ciel! est-ce à moi que ce discours s'adresse?

SI MO X

Et vous figurez-vous qu'un mariage heureuv Soit le terme et le prix d'un amour si honteux?

P A M P H I L E , ù pa rt.

Grands dieux! cet étranger aura-t-il le courage?...

CHREMES, à Simon.

Vous changeriez bientôt de ton et de langage, Si vous le connoissiez. Il est homme de bien ; Tout le monde le sait.

Et moi , je n'en crois rien.

Quoi donc! impunément ose-t-il dans Athènes

\3o L'ANDRTENNE.

Renverser nos desseins, et rire de nos peines? A de semblables gens peut-on ajouter foi?

PAAIPHILE, à part.

Ah ! si cet étranger étoit proche de moi, J'aurois à lui donner un conseil admirable.

SIMON, à Criton.

Affronteur !

CRITON

Écoutez...

CHREMES, à Simon.

Êtes-vous raisonnable?...

(à Criton. ) Ne vous attachez point à ce qu'il dit, Criton : La colère l'aveugle et trouble sa raison.

CRITO-N.

Et moi je lui dirai, s'il n'apprend à se taire.

Des choses sûrement qui ne lui plairont guère.

S'il a tant de chagrins, qu'il accuse le sort;

Mais de s'en prendre à moi, certes il a grand tort.

Je n'ai rien dit de faux : c'est ici la patrie

De celle que l'on nomme aujourd'hui Glicérle;

Et je puis le prouver, et même en quatre mots,

CHRÊMES.

Faites-le donc, monsieur.

CRITON

Assez proche d'Andros, Un vieux Athénien tourmenté par l'orage...

SIMO.N, l'interrompant.

Ce vieux Athénien , sans doute, fit naufrage?

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