ACTE TROISIÈME
ÉRASTE, LÉOINOR, MARTHON.
É R A s T E , ?i Léonor.
Ma sœur, j'ai vu Darais , comme vous me l'avez conseillé. Je me suis gardé de lui parler de l'attachement que Locinde sa nièce a pour Moncade. Sans doute il est instruit de ce qui se passe, et je n'ai pas cru qu'il fut honnête d'aigrir encore un homme qui me paroît au désespoir; outre que ce sont de mauvaises manières pour gagner le cœur des gens que l'on estime. Mais , ma sœur, je crois que le hasard aura fait tout ce que nous espérions. En deux mots, Araminte, que je viens de rencontrer, m'a assuré qu'elle venoit de désabuser Lucinde, qu'elle lui avoit remis entre les •nains une lettre de Moucade.
LÉONOR
Une lettre de Moncade écrite n Aramintp''
KR ASTE.
Oui, vou« di-J-je.
M A R T H o s , à Léonor.
Ah! madame, que j'en suis aise! Nous allons voir, par ma foi, le maître et le valet bien penauds! Ce petit freluquet de Moncade, avec ses airs impertinents! et ce maraud de Pasquin, qui commençoit à faire comme lui!... Mais écoutez, au moins, ne vous y trompez pas; cimentez la chose ct.mme il faut. Si vous leur donnez le temps de se raccouimoder...
LÉONOR, V interrompant.
Ah! je ne saurois croire, après ce quej'entends, que Lucinde ait le cœur assez lâche... MARTBON, l'interrompant a son tour.
Mon dieu ! Lucinde aime ; Lucinde est crédule, et Moncade est un scélérat fort aimable ! défiezvous de tout. Prenez-la dans l'emportement, ou vous ne tiendrez rien. Mais, pour moi, j'ai de la peine à ajouter foi aux choses que vous me «lites , et je n'ai, ce me semble, remarqué aucune altération dans son visage.
ÉR.^STE
Elle étouffe sans doute son ressentiment. Je tiens la chose d'Araniinte.
LÉONOR
Allez donc mon frère, allez la trouver: examinez la situation de son ame ; profitez d'un moment si favorable, et, quelque chose enfin qui