SCENE IV. i
Pour mieux le corriger.
Il est bon quelquefois d'affliger ce qu'on aime. On guérit un défaut par ce défaut-là même.
( Anijéliriue s'assied.) JJe perdons pas de temps. Je dicte. Ecrivez... Bon !
ANGÉLIQU E.
Mais il ne sera plus jaloux au moins?
DORIMÈNE
Eh non !
{ dictant. ) " Je ne sais , monsieur, si je fais bien de vous ré- « pondre.
Je sais que je fais mal.
DO RiMÈNE, dictant.
« J'ai combattu long-temps.
ANGÉLIQUE répète ce qu'elle écrit.
« Long-temps.
D o n 1 M È N F. , dictant.
» Mais je suis excédée de monsieur Dormilli... ANGÉLIQUE, écrivant.
Dites que je l'abhorre; Je l'ainrerois autant.
DORIMÈNE
Eh bien !
« Je suis... si cruellement tourmentée.
ANGÉLIQUE
l'Ius dur encore.
Vous vous divertissez.
i6 LES FAUSSES INFIDÉLITÉS.
DORIM EN E.
Ceut fois vous m'avez dit Qu'il vous tourmentoit fort.
ANGÉLIQUE
Oui, mais quand on écrit
Otez cruellement.
ANGÉLIQUE, avec vivacité.
J'y pensois. DORIMÈNE, dictant.
« En vérité , dans les impatiences qu'il me cause..;
ANGÉLIQUE
A merveille.
DORIMÈNE, dictant.
•' Je ne sais qui je ne lui prcfèrerois pas. »
ANCSÉLIQUE.
Je ne mettrai jamais d'expression pareille.
DORIMÈNE
Quelle enfance!
ANGÉLIQUE
Jamais. Cédez-moi sur ce point.
Ou...
DORIMÈNE
Qu'importe le mot quand la chose n'est point?
ANGÉLIQU E.
il est fort, ce billet.
DORIMÈNE
Et moi j'ose prétendre Qu'un jaloux ou qu'un fat peuvent seuls s'y méprem
Vous
Et If