ACTE II, SCENE XVII, an
DORVAL, avec un air content.
Tant mieux?
ANGÉLIQUE
Oui: je vous connois, vous êtes raisonnable, vous êtes sensible; je me confie à vous. Si vous avez donné cet avis à mon oncle, si vous avez proposé ce parti, j'espère que vous trouverez le moyen de l'en détourner.
DORVAL, rt part.
Ah! ah! cela n'est pas mal. (à Angélique.) Mademoiselle!
ANGÉLIQUE, tristement.
DORVAL
Auriez-vous le cœur prévenu ?
ANGÉLIQUE, avec passion.
Ah, monsieur!
DORVAL
Je vous entends.
ANGÉLIQUE
Ayez pitié de moi.
DORVAL, à part.
Je l'ai bien dit; je l'avois bien prévu : heureusement je n'en suis pas amoureux, mais je commençois à y prendre un peu de goût.
ANGÉLIQUE
Monsieur, vous ne me dites rien.
LE BOURRU P.IENFA1.SAN r.
DORVAL
Mais, niadenioiselle...
ANGÉLIQUE
Prendriez-vous quelque intérêt particulier à celui qu'on voudroit me donner?
nOR V AL.
Un peu.
AîfGÉHQUE, avec passion et fermeté.
Je le haïrois, je vous en avertis.
DORVAL, à part.
La pauvre enfant ! j'aime sa sincérité'.
ANGÉLIQUE
Hélas! soyez compatissant, soyez généreux.
DORVAL
Eh bien! mademoiselle... je le serai... je vous le promets... Je parlerai à votre oncle pour vous; je ferai mon possible pour que vous soyez satisfaite.
ANGÉLIQUE, avec joie.
Ah ! que je vous aime !
DORVAL, content.
La pauvre petite!
ANGÉLIQUE, uvec transport.
Vous êtes mon bienfaiteur, mon protecteur, mon père. ( Elle le prend par la main.)
DOR V A L
Ma chère enfant !