‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 179 sur 214 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

Et ne murmurez pas d'un arrêt si soudain?

DAMis, avec une gaieté feinte.

L'a-t-elle écrit gaiement?

DOKINE, l'obsei-vant.

Sans gaieté, sans chagrin, D'un air indifférent.

DAMIS

Indifférent?

Sans doute.

Pour écrire autrement ou sait ce qu'il en coûte.

OAMis, avec un peu plus de vivacité- Mais au fait, savez-vous le fin de tout ceci?

DORINE

Je sais que cette nuit on a très mal dormi.

OAMIS.

Ah! voilà contre moi ce qui la détermine?

DORINE

Mais ne diroit-on pas que ce n'est rien?

DAMIS

Dorine Approuve sa maîtresse?

DORINE

Eh! ne le dois-je pas?

OAMIS.

Sur-tout, quand elle fait de semblables éclats; La prudence le veut.

DORINE

J'aime la remontrance.

Éconduire un amant, c'est blesser la prudence,

c'est bouleverser tout.

DAMIS

Un amant est l'ort bon.

DORIN E.

Ce titre-là vous choque?

DAMIS

Et c'est avec raison ..

Mais brisons là-dessus. Quoi que Mélise fasse. Je saurai constamment endurer ma disgrâce; Et, puisque une insomnie a causé mon malheur, Je juge le motif pour calmer ma douleur. Ces événements-là n'ont plus rien qui m'étonne. Le caprice m'exclut, l'amitié lui pardonne ; L'indulgente amitié n'a jamais de fureurs, Et ne connoît point l'art de contraindre les cœurs.

DORINE

Oh ! vive l'amitié ! qu'elle est calme et soumise ! Vous êtes surprenant. Je vais dire à Mélise Avec quelle douceur et quel air serein On accueille chez vous ses billets du matin.

(Elle sort.}

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