ACTE I, SCENE III
Et ne murmurez pas d'un arrêt si soudain?
DAMis, avec une gaieté feinte.
L'a-t-elle écrit gaiement?
DOKINE, l'obsei-vant.
Sans gaieté, sans chagrin, D'un air indifférent.
DAMIS
Indifférent?
Sans doute.
Pour écrire autrement ou sait ce qu'il en coûte.
OAMis, avec un peu plus de vivacité- Mais au fait, savez-vous le fin de tout ceci?
DORINE
Je sais que cette nuit on a très mal dormi.
OAMIS.
Ah! voilà contre moi ce qui la détermine?
DORINE
Mais ne diroit-on pas que ce n'est rien?
DAMIS
Dorine Approuve sa maîtresse?
DORINE
Eh! ne le dois-je pas?
OAMIS.
Sur-tout, quand elle fait de semblables éclats; La prudence le veut.
DORINE
J'aime la remontrance.
Éconduire un amant, c'est blesser la prudence,
c'est bouleverser tout.
DAMIS
Un amant est l'ort bon.
DORIN E.
Ce titre-là vous choque?
DAMIS
Et c'est avec raison ..
Mais brisons là-dessus. Quoi que Mélise fasse. Je saurai constamment endurer ma disgrâce; Et, puisque une insomnie a causé mon malheur, Je juge le motif pour calmer ma douleur. Ces événements-là n'ont plus rien qui m'étonne. Le caprice m'exclut, l'amitié lui pardonne ; L'indulgente amitié n'a jamais de fureurs, Et ne connoît point l'art de contraindre les cœurs.
DORINE
Oh ! vive l'amitié ! qu'elle est calme et soumise ! Vous êtes surprenant. Je vais dire à Mélise Avec quelle douceur et quel air serein On accueille chez vous ses billets du matin.
(Elle sort.}