‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 3 sur 214 · VAL SAIN · texte numérisé non relu

VAL SAIN

Chevalier , votre amour est une frénésie.

DORMILLI.

Marquis, le vôtre à peine est une fantaisie.

VALSAIN.

Vous aimez Angélique un peu trop vivement.

DORMILLI.

Vous aimez Dorimène un peu trop froidement.

VALSAIN.

Vous faites le malheur de la plus tendre amante. Votre scène d'hier fut bien extravagante ! Angélique est outrée.

DORMILLI.

Ah ! que dites-vous là?

Il lui sied de bouder! Les femmes, les voilà. Ont-elles quelques torts ; si nous osons nous plaindre j Elles sont d'une adresse ! Elles savent contraindre A demander pardon du tort qu'elles ont eu.

VALSAIN.

Mais voulez-vous toujours douter de leur vertu? Vous êtes plus jaloux qu'il n'est periuis de l'être...

DORMILLI.

Moi!

VALSAIN.

Sous ua triste nom c'est se faire conuoître. On cause , disons mieux, on rit à vos dépens.

DORMILLI.

Qui? ces gens du bel air, cœurs légers, froids plaisants De maîtresse et d'ami changeant comme de modes. Pacifiques époux, et même amants commodes. Je leur permets de rire : un cœur tel que le mieii Doit étonner le leur. Oh ! vous, vous aimez bien; C'est le plus beau sang-froid !...

VALSAIN.

Nous n'aimons pas de mêm Tyranniser les gens, ce n'est pas mon système. L'air froid cache souvent un coeur qui sait aimer; Et d'ailleurs l'amour vrai doit savoir estimer. Les femmes, j'en conviens, peuvent être infidèles. .

DORMILLI.

Peuvent être est fort bon.

VA LSAIN.

Mais , pour les croire telles , l'our les juger enfin coupables en amour. Je veux des preuves, moi, plus claires que le jour. ..

DORMILLI.

J'entends.

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