‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 35 sur 214 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

M. DE MELCOUB, M. de VILMON.

V 1 L M O iS- .

Elle repose enfin dans le petit saloti.

Je ne connois plus rien au train de ma maison. Jadis nous étions gais, et d'une gaieté folle; >ous voilà d un ennui, d'un froid qui me dt'sole.

VILMON.

Il est vpai qu'autrefois ou rioit un peu plus.

Nos soupers, nos cojicerts, sont tous interrompus.

VILMON.

Madame cependant aime fort la musique.

Elle étoit dissipée, elle est mélancolique.

So LA MÈRE JALOUSE.

Elle vouloit tout voir, et se montrer par-tout;

Des fêtes, des plaisirs, elle a perdu le jjoût.

{en riant. ) Enfin, excepté nous, et Terville que j'aime, Et ce monsieur Jersac présenté par vous-même. Elle ne voit personne, et boude l'univers. Son esprit même... a pris je ne sais quel travers; Cet esprit enjoué , qui savoit tout séduire. Tourne presqu'à l'aigreur, et vise à la satire. De tous ces changements n'êtes-vous point frappé?

Croyez que tout cela ne m'est point échappé; Et ce qui me confond, ce qui doit vous surprendre, ( Vous êtes pour Julie un beau-père si tendre ! ) Mon ami, je ne sais, mais j'ai cru remarquer... Là-dessus cependant j'ai peine à m'expliquer: Cela seroit fâcheux, cela ne peut pas être.

MELCOIIR.

Vous m'alarmez, Vilmon.

VlLMON.

Je le devrois peut-être.

J'ai vécu, j'ai servi, je demeure avec vous; Et je ne puis enfin observer qu'entre nous Qu'avec sa fille même elle est d'une tristesse , D'une humeur!

MELCOUR.

Eh mais! oui ; par excès de tendresse. Elle la veut parfaite; à cet âge! elle a tort.

VlLMON.

La voit-on négligée, on la gronde d'abord.

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