‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 52 sur 214 · ACTE I, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE X

N'en parlons plus. Enfin vous plairoit-il d'entendre La liste des partis?...

Mine DE M F. I. c o u n .

La liste!

MELCODH.

Ils sont nombreux.

Mine OE MELCOUR.

oh ! j'ai dans ce moment un mal de tête affreux. Mais n'importe, voyons, puisqu'il me faut un gendre.

MELCOUR.

Le bruit de sa beauté commence à se répandre...

Mille DE MELCOUR.

vite, voyons.

MELCOU R.

D'abord, monsieur de Bourlevois Uiclie, homme de finance, et...

Mine DEM RLCOU R.

l'our ce premier choix , Vous m'en dispenserez. On le dit très aimable. Mais tous ces messieurs-là sont d'un luxe effroyniile; On en cause, on en rit, on en est fatigué.

MELCOUR.

Autrefois.

Mine DE MELCOUR.

Aujourdhui. rolleinent jirodigue, Tout mon bien s'en iroit en paies, en avenues. En châteaux, en boudoirs, en. . S(itti.s;>s connues.

MELCOU H.

Celui que je propose est Jiiodeste el r.iiit;»'.

M"ie DE MELCOUR.

'l'aiit mieux pour lui; passons.

MELCOUR.

Monsieur de Norangé, Jeutie et brave officier, qui dans plusieurs affaires...

Mille DE .MELCOUR.

oh ! je respecte fort messieurs vos militaires, Mais if s'agit d'un gendre, et j'ai su quelquefois Qu'avec de tels maris on est veuve six mois. Ln héros... ue vit guère; ou s'il revoit sa femme, Monsieur arrive un jour au lever de madame, Heureux de rapporter, pour prix de ses exploits , Avec un oeil d'émail une jambe de bois.

MELCOUR.

Mais quel déchaînement !

Mlle DE :melcour.

Mais non , rien de plus sage.

MELCOUK.

Que la beauté du moiijs soit le prix du courage; Et ne condamnez point , madame, au célibat Lps appuis généreux du trône et de l'état.

Mine DE MELCOUR.

Ail ! j'ai tremblé pour vous la moitié de ma vie; Que je ne passe point l'autre, je vous supplie, A trembler pour un gendre.

MELCOUR, dun air d humeur très marqué.

Eu bien ! ne tremblez pas.

Mais vous déchirerez ainsi tous les états. Il n'en est pas un seul , si l'on veut en médire. Qui, par quelque coté, ne prèle à la satire.

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