ACTE II, SCENE VI
TER VILLE
O ciel !
M"ie D E M E I, c o t' R , (Cun air noble et presque sérieux.
Finissons; à mon gré, Tout ce petit roman a déjà trop duré , Trop; et puis, ce beau feu, que je crois très sincère, A monsieur de Melcour ne peiit-il pas déplaire?
TERV ILL E.
Il l'ignore : d'ailleurs il partage vos goûts : Il est si complaisant, a tant d'égards pour vous ! Mme DE MELCOUR, avec un éclat de rire. Tant d'égards! tant d'égards! l'expression m'étonne. Vous appelez égards!... elle est neuve, très bonne.
TER VILLE
^"otre gaieté, madame, est cruelle pour moi; Décidez, prononcez.
Mme DE MELCOUR.
Terville, je ne doi Ni ne puis vous entendre; il Faut que je vous laisse.
TERVILLE.
Je connois mon rival; je sais votre promesse
YX \os engagements; vous me sacrifiez:
Mais je veux , ou les rompre, ou mourir à vos pieds.
Mine DE MELCOUR.
Quoi ! des eng igements! un rival! Mais quel style ! Je ne vous entends plus; vous êtes fou, Terville.
TERVILLE.
Je le suis de douleur. .Si Julie, en ce jour. Si votre fille enfin est le prix de l'amour, J'ai droit de l'obtenir.
Mine DE MELCODR, très étonnée.
Ma fille !
TER VILLE
Je l'adore.
Faut-il vous le jurer, vous le redire encore? Je l'ai vue au couvent et l'aime pour jamais. A son premier regard je sentis que j'aimois. Un oncle me parloit d'Hortense, d'Emilie; Je repoussai cet oncle, et parlai de Julie : Ne m'en sachez pas gré, c'est qu'elle éclipse tout. Seule, .seule à mes yeux , je la voyois p;ir-tout. J'aime, j'ai quelque bien, un nnm connu, je pense : Et puis, je n'aurois pas la dure extravagance De venir l'arracher à ces bras maternels; Ne me supposez point des projets si cruels. Près de vous, trop heureux, dans Paris, l'un et l'autre, Vos goûts seront nos goûts, votre maison la nôtre.
{après une pause. ) Quoi! vous m'abandonnez à tout mon désespoir!