‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 111 sur 200 · ACTE IV, SCENE VIII. iSg · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VIII. iSg

Je ne me défends point d'une frayeur extrême; Car peut-être , ce soir, je perds tout ce que j'aime. C'est jouer trop gros jeu; risquer tout en un jour. Mlle d'or s ON, à pari.

Ah ! bon, voici le chevalier d'Elcour.

Il cause avec ma sœur; il peut avoir su d'elle...

{haut.) Monsieur le chevalier?

LE CHEVALIER

Pardon, j'étois rêveur.

Mlle d'or SON.

Savez-vous d'où vient que ma sœur Est triste?

LE CHEVALIER

Non , mademoiselle.

Mlle d'or SON.

Mais savez-vous pourquoi mon frère a de l'humeur? LE chevalier.

Non.

Mlle d'or SON.

Savez-vous pourquoi mon oncle gronde?

Non.

Mlle d'oRSON.

Vous verrez que tout le monde Sera fâché, sans qu'on sache pourquoi.

Çà, monsieur, savez-vous quelle triste nouvelle Vous donne un air chagrin? Ah ! nous verrons, je croi. Si vous saurez quelque chose.

i6o LE JALOUX SANS AMOUR.

LE CHEVALIER

Qui?... moi?

Mlle d'oRSOJN.

Oui, vous: ne pouvez-vous parler?

LE CHEVALIER

Mademoiselle!...

IwUe d'or SON.

Vous ne m'aimez donc plus?

LE CHEVALIER

Jamais jusqu'à ce jour Mon cœur ne fut pour vous si tendre et si fidèle.

Mlle d'or SON.

Qu'avez-vous donc?

LE CHEVALIER

Mon amitié cruelle Coûtera cher peut-être à mon amour.

Mlle d'orson.

Comment?

Notre devoir souvent inexorable...

Mademoiselle , on peut m'accuser aujourd'hui : Je peux, quoique innocent, vous paroître coupable... Croyez plutôt mon cœur que les discours d'autrui... mUc d'or s on.

Eh! parlez-moi donc... Il soupire...

■ (Le chevalier sort.)

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