‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 130 sur 200 · ACTE V, SCÈNE VI. i8j · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI. i8j

Si, SOUS le masque heureux d'un modeste maintien, Elle eût caché long-temps une flamme infidèle? Si jouant la candeur, la foi, Elle oublioit , à ses amours livrée , Ce qu'on doit à l'honneur, à son époux , à soi?

LE MARQUIS

Eh bien ! ma femme alors seroit déshonorée.

( en colère. ) Mais moi? Te moques-tu? Parbleu, sans ni",ibuser,

Je prétends que je ne peux l'être Que par moi; qu'à coup sûr mon honneur n'a de maître Que moi; que nul encor ne peut en dis|)oser, Ni le perdre que moi. Si la foi, le courage. Illustra mes aïeux, cette gloire, je croi, N'est pas un des effets compris dans l'héritage; Ma noblesse vient d'eux, mais ma gloire est à moi.

Or, tous les miens, par leur sottise.

N'ont pas plus le pouvoir de m'en déposséder, Que mes aïeux n'auroient pu me céder Par testament celle qu'ils ont acquise.

LE COMTE

Soit. Mais , de grâce , diles-moi , Que feriez-vous en pareille occurrence?

LE MARQUIS

Quel diable de propos ! Ma foi , Je ferois... j'agirois suivant la circonstance. Mais, es-tu dans ce cas-là, toi?

LE COMTE

Moi? Je ue serois pas, mon oncle, si tianquillr.

i82 LE JALOUX SANS AMOUR.

LE MARyUlS.

Tu ne le parois guère.

LE COMTE

Ohl je le suis pourtant.

LE MARQUIS

En ce cas, supprimons un discours inutile. Mon notaire venoit, sur un point important...

( Le comte s'éloigne sans rien dire.)

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