‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 148 sur 200 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DAMIS, MELGOUn.

MELCOIIR.

Je veux te faire part d'un excellent l'rojel, Damis. Nous adorons tous deux le même ohjet. Tous deux depuis long-temps nous jjardons le silence. Toi par timidité, moi, mon cher, par prudence/

DAMIS

Par prudence, Melcour?

MELCO DR.

Je vais te le prouver.

Je suis fort étourdi, la comtesse est très sage : Nous ressemblant si mal , il pourroit arriver Qu'on ne reçût pas bien l'offre de mon hommage. Mais si tu t'y prêtois, je sais un sûr moyen De déclarer nos feux à l'aimable Julie, Sans rien craindre , et peut-être avec succès.

DAMIS

Eh bien , Quel est-il?

L)e parler l'un pour l'autre.

DAMIS

Folie !

MELCOUR.

Non. Peins-lui mon amour, je lui peindrai le tien.

DAMIS

Ce dessein...

MELCOUR.

Est charmant, et de plus nécessaire.

DAMIS

Que diroit la comtesse?

MELCOUR.

Il ne peut lui déplaire.

dAmis.

Je craindrois...

MELCOUR.

Que craius-tu? Le mal sera pour moi.

DAMIS

Il faudroit un motif.

MELCOUR.

Tu plaisantes, je croi.

Le nôtre est suffisant. Aimes-tu la comtesse?

DAMIS

Je l'aime.

Voudrois-tu qu'elle connût ton cœur?

Oui.

MELCOUR.

Bou. Oseras-tu lui peindre ta tendresse?

DAMIS

Jamais.

MELCOUR.

Ce mot-là seul décide en ma faveur.

Ne te permettant point de rompre le silence, Il faut bien que quelqu'un déclare ton amour. Je sercd ce quelqu'un, si Damis , à son tour, Du mien au même objet veut faire confidence ; D'ailleurs chacun de nous , dans ces tendres aveux, Ne parlant pas pour soi , nous pourrons tous les deux Confirmer ou nier, suivant la circonstance : C'est beaucoup.

J'en conviens : mais...

MELCOUH.

Plus de résistance.

Sur-tout, quoique rivaux, soyons de bonne foi.

Et tu commenceras ?

M ELCODR.

Pourquoi la préférence ?

Comme auteur du projet.

MELCOUR.

.'Vllons, par complaisant*"

J'y veux bien consentir : je vais parler pour loi. Mais à ton tour aussi...

DAMIS

Tu connoîtras mon zéie.

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