SCENE II. 2i
MEtCOUR.
Fort bien , point de jaloux.
DAMIS
L'aveu n'est pas flatteur.
LISETTE
Que chacun de vous deux déclare sa tendresse , Vous serez mieux instruits.
MELCOUR.
Et, si de ta maîtresse Un de nous deux alors doit obtenir le cœur. Pour qui parierois-tu?
LISETTE
C'est mon secret.
MELCOUR.
Lisette !
LISETTE
Je suis sourde , monsieur.
Réponds.
LISETTE
Je suis muette.
MELCOUR.
Pour Damis ?
DAMIS
Pour Melcour?
MELCOUR.
Je veux être éciairci.
LISETTE
Vous ne le serez point.
ai4 LES RIVAUX AMIS.
Et moi?
LISETTE
Pas davantage.
DAMis, lui donnant sa bourse.
Prends , et parle.
LISETTE
Ma foi , c'est pour vous que je gage.
M E L c o u R , lui offrant la sienne. Elle l'aime, Lisette?
LISETTE, la prenant.
Elle vous aime aussi.
Comment donc! Mais tu fais des progrès incroyables; La comtesse à présent nous aime tous les deux.
LISETTE
C'est que tous deux aussi vous êtes fort aimables
DAMIS
Lisette a de l'esprit : mais, si j'en crois ses yeux , Lisette ne sait rien.
LISETTE
Justement, dont j'enrage.
Si vous vous déclariez, j'en saurois davantage.
DAMIS
Je crains de lui déplaire.
LISETTE
Un aveu plaît toujours.
Et vous?
MELCOUR.
J'aurois parlé, mais depuis quelques jours